STOP Dublin, STOP Expulsions

Rassemblement revendicatif et festif 17h lundi 18 devant la préfecture en soutien aux Migrants mobilisés à Montpellier dans le cadre de la Journée internationale des Migrants.

Des événements auront lieu dans toute la France. Une audience a été demandée à 18h au préfet pour remettre la lettre des migrants et l’appel de soutien largement signé par des organisations, associations, collectifs de la région et des personnalités et citoyens.

Au programme ; musique, construction d’un mur/frontière de cartons devant la préfecture !

Venez nombreux pour soutenir les revendications et sécuriser la mobilisation des Migrants !

Publicités

Droit international : la banalité des crimes commis contre les migrants

Merci à Tlaxcala
Source: http://www.spiegel.de/international/world/editorial-on-crimes-against-migrants-a-1175239.html
Date de parution de l’article original: 28/10/2017
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=22104

Dans le monde entier, les migrants sont enfermés dans des camps, brutalisés et souvent poussés au bord de la famine. Beaucoup en meurent. Ces crimes devraient enfin être punis, par la Cour Pénale Internationale.

Agnès Callamard, Rapporteuse Spéciale de l’ONU sur les Exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, a présenté un nouveau rapport important* à l’Assemblée Générale ce 26 octobre 2017. Le rapport traite de la« Mort illégale de réfugiés et de migrants » ─ ce qui est déjà un thème atypique  dans sa fonction. Ces dernières années, son bureau s’est consacré presque exclusivement à la « guerre contre le terrorisme », et particulièrement aux morts causées par des attaques de drones.

Dans son rapport, elle s’inquiète d’« une criminalité internationale dont la grande banalité aux yeux de beaucoup en fait une tragédie particulièrement grave et inquiétante. » Cette affirmation est plutôt radicale, et même historique, au moins dans le cadre d’un rapport soumis par un organe de l’ONU.

Callamard en énonce clairement les implications pratiques : « La Cour Pénale Internationale doit envisager de mener une enquête préliminaire sur les crimes atroces commis envers les réfugiés et les migrants dès lors qu’il existe des motifs valables de croire que de tels crimes se sont produits et qu’ils relèvent de ses compétences juridictionnelles. » Il est tout à fait inhabituel qu’un organe de l’ONU fasse ce genre de recommandations à la Cour Pénale Internationale, mais c’est exactement ce que Callamard a décidé de faire.                         

Dans le cadre de la militarisation constante des frontières, sa recommandation revêt un caractère d’urgence ; pourtant, si elle n’est pas replacée dans son contexte, elle pourrait être mal interprétée. Le droit pénal international est né dans une période riche en agressions et en atrocités. Le paradigme qui reste inscrit dans l’imaginaire collectif est bien sûr le désastre que fut la Seconde Guerre mondiale. La guerre d’agression était la condition même de la compétence du tribunal militaire mis sur pied par les vainqueurs alliés. L’existence de la guerre était nécessaire pour  juger les coupables de violence collective.

Ce n’est que graduellement que, dans la pratique du droit pénal international,  l’obligation de rendre des comptes devant la communauté internationale a cessé d’être strictement  liée à la guerre.  La procédure pénale internationale a diversifié ses cibles.

Le concept légal de crimes contre l’humanité n’est plus lié à la guerre comme à l’époque de Nuremberg. Par exemple, l’acte d’accusation contre le général Augusto Pinochet, en 1998,  associait les poursuites pénales avec la tentative d’une société de se confronter à la tyrannie passée.

En même temps, la création de la Cour Pénale Internationale (CPI) débordait de potentialités. Le soutien qu’elle avait n’était pas seulement lié à l’existence d’atrocités de masse mais également à un désir de justice au niveau mondial. Les Crimes contre l’humanité, pas nécessairement en rapport avec la guerre, sont de la compétence de la CPI. Ils comprennent des crimes comme l’apartheid, qui est un système de gouvernement plutôt qu’une méthode de guerre. Les actes prohibés quand ils sont commis dans le cadre d’une « attaque généralisée ou systématique lancée contre une population civile » couvrent toute une gamme de pratiques qui peuvent se produire en temps de paix : la torture, qui et souvent pratiquée dans le contexte du maintien de l’ordre ; l’emprisonnement sans garanties de procédure ou dans des conditions abominables, la persécution, qui est la privation drastique des droits fondamentaux par la discrimination ; et la déportation illégale.

Tandis que le droit pénal international a débordé du strict cadre de la guerre, on peut dire que la guerre et la militarisation ont empiété sur le domaine de la vie civile. L’« infinitude » de la guerre, à laquelle les commentateurs se réfèrent souvent de nos jours, ne doit pas être comprise uniquement dans le sens de la durée de la  guerre. Elle reflète aussi la façon dont la guerre s’est étendue sans fin, devenant dans une large mesure le moule qui façonne notre quotidien. La « Mort illégale de réfugiés et de migrants » n’est qu’un aspect de ce problème. Avec l’accroissement des inégalités au niveau mondial, les nouvelles technologies de transport et de communication, et la catastrophe climatique en cours, les personnes affectées migrent vers les sources de subsistance que représentent les pays du « Nord global ». Les populations de ces derniers commencent à se sentir menacées, plus par l’afflux de pauvres (souvent noirs ou basanés) que par une attaque armée.

Des  frontières militarisées  sont souvent dressées le long des lignes de fracture entre les mondes « développé » et « en développement ». Depuis 2009 au moins, l’agence européenne Frontex déploie en Grèce une opération de contrôle aux frontières. Cette surveillance s’est accrue, impliquant l’usage de drones et des conditions de détention que la Cour européenne des droits de l’homme a jugées  inhumaines.

L’Australie assure le contrôle de ses frontières maritimes au moyen d’une opération navale dirigée par un général de division. L’Australie a pris la disposition particulièrement cynique de mettre en service des radeaux sans hublots, prétendument insubmersibles, afin de repousser les réfugiés vers les côtes étrangères. En 2015, des pays européens ont demandé et obtenu du Conseil de sécurité des Nations Unies une résolution leur permettant d’utiliser la force contre les passeurs en Méditerranée, une mesure extraordinaire dénotant clairement la militarisation sans précédent des contrôles aux frontières. Comme dans d’autres domaines de notre vie, la militarisation va de pair avec la privatisation. L’Australie a passé des accords avec Nauru et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, et a recours à des firmes privées comme G4S et Ferrovial pour l’hébergement et l’administration de camps d’internement indéfini et inhumain. L’UE se sert de la Turquie et, plus récemment, des milices libyennes, pour empêcher les migrants de traverser la Méditerranée.

L’agence US de l’immigration et des douanes (ICE) est de plus en plus souvent accusée de pratiques « assimilables à de la torture » dans sa mise en œuvre des impératifs gouvernementaux en matière de déportation. Certains de ses centres de détention sont également gérés par le privé. Callamard fait une remarque très importante en concluant que certains éléments de ces pratiques constituent des crimes au regard de la législation internationale. Elles incluent des actes interdits qui, de façon systématique et généralisée, constituent une attaque contre les migrants.

Leur impact sur les populations les plus fragilisées est terrible, allant de  la mort par noyade  à l’épidémie de maladies mentales et d’autodestruction constatée dans les camps de réfugiés du monde entier. Comme le note justement la Rapporteuse Spéciale, quand des crimes d’une telle gravité sont commis dans la juridiction de la Cour pénale internationale, celle-ci doit agir. Pourtant le droit international ne reconnaît pas l’existence d’un crime transnational généralisé et globalisé, dont le rapport de Callamard semble suggérer la définition.

La pratique du droit international demande aux procureurs  d’enquêter sur une « situation », ce qui implique d’isoler un cas particulier, qui s’est produit à un moment donné, et de le traiter spécifiquement. Depuis plusieurs années, nous travaillons pour essayer d’expliquer la nécessité d’une telle enquête, et pour indiquer les bases pour lancer une telle enquête.

Nous avons d’abord mené une enquête  en Grèce. Ensuite nous avons enquêté sur les pratiques australiennes et nous avons effectivement déposé auprès du procureur de la CPI une plainte pénale visant principalement des agents du gouvernement australien. Ce travail n’a pu être effectué que grâce au soutien d’un important groupe de spécialistes renommés du droit international, réunis par une clinique légale de la faculté de droit de Stanford et par le Global Legal Action Network (GLAN, Réseau mondial d’action juridique). Nous pensons que, dans le monde entier, les populations aisées font la guerre à la lutte   pour l’égalité que mènent les populations pauvres avec leurs pieds.

En particulier dans les camps de rétention extraterritoriaux d’ Australie, cette guerre est conduite au moyen de méthodes criminelles. Si la Cour Pénale Internationale doit choisir un cas spécifique sur lequel enquêter, le cas de l’Australie est bien le plus scandaleux.

Attention, cet effort pour faire bouger le droit pénal international de la guerre vers les mouvements migratoires n’est pas une tentative supplémentaire pour élargir les compétences d’un tribunal déjà exsangue et inefficace. C’est plutôt une tentative pour changer les priorités politiques, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Cour, pour qu’on cesse de chercher des « monstres » qui commettent des actes de violence spectaculaires, et qu’on s’oriente vers les souffrances  de plus en plus considérées comme « normales ».La « banalité » même de ces crimes, selon nous, témoigne de leur gravité et de la nécessité qu’ils soient poursuivis.

Il ne faudrait pas non plus que ce changement d’orientation se limite aux crimes commis contre les migrants. Les résultats du changement climatique qu’on a constaté récemment à Porto Rico et en Californie montrent que le combat de ceux qui sont le plus durement touchés par les émissions responsables de ce changement climatique ne fait que commencer. Il serait extrêmement dangereux de négliger ces nouvelles priorités, et cela ne ferait que confirmer les prévisions les plus pessimistes pour le 21ème siècle.

Pour paraphraser le sociologue Zygmunt Bauman, cela dessine une réalité dans laquelle une partie de l’humanité jetterait au rebut la vie de l’autre partie. D’autre part, de nouvelles priorités, dont la responsabilité en matière de migrations, reflèteraient mieux la mission fondamentale de la Cour Pénale Internationale : punir les crimes « qui concernent la communauté internationale dans son ensemble. »

Mort illégale de réfugiés er de migrants, Rapport de la Rapporteuse spéciale du Conseil des droits de l’homme sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Nations Unies A/72/335, 15 août 2017

Des nouvelles de Marseille

Hier soir, 10 décembre, après la manifestation dans les rues et quartiers de
Marseille, les demandeur.ses d’asile ont décidé de passer la nuit devant
la préfecture (malgré la pluie et la longue marche de la journée) pour
exiger un entretien avec le préfet. Voici leurs revendications :

« Nous sommes des demandeurs d’asile sous le joug de la procédure Dublin.
Cette directive européenne implique que les demandeurs d’asile ne
peuvent enregistrer leur demande que dans le premier pays européen où
leurs empreintes ont été relevées. Parfois par la force et sous la
torture et principalement dans les pays d’entrée du Sud de l’Europe. Ces
pays ne sont pas en mesure de nous accueillir et d’examiner nos demandes
d’asile. Depuis plusieurs mois en France, nous sommes sous la menace
d’une expulsion en raison de ce règlement Dublin, sans aucune
possibilité de faire valoir nos droits en France. Nous sommes expulsés,
traqués, poussés à la clandestinité, coupés de toutes ressources, aides
ou possibilités de travailler, sans savoir on nous pourrons un jour nous
installer. Ce règlement permet aux pays européens de bloquer l’accès à
l’asile partout en Europe et entre en contradiction avec l’accès à un
droit d’asile effectif. A partir de ce soir nous occupons la place Félix
Baret devant la préfecture pour exiger une rencontre avec le préfet afin
d’obtenir le retrait du règlement Dublin nous concernant. Ce règlement
permet toutefois à la préfecture d’appliquer une clause discrétionnaire
pour lever les menaces d’expulsion à notre encontre. Nous convions la
presse et tous celles et ceux qui se sentent concernés à venir nous
soutenir et nous écouter lors d’un petit déjeuner lundi matin à partir
de 8h. »

Stop Dublin !! Stop Expulsions !!

Le courrier de soutien à l’auto-organisation des personnes migrantes : des soutiens et encore des soutiens…

La lettre actualisée est ici. Vous pouvez encore signer, n’hésitez pas !

Marathon des signatures de personnalités locales : à vous de jouer !

Le 18 décembre est prévue une mobilisation qui doit être la plus massive possible en soutien aux demandeurs d’asile mobilisés pour dire STOP à l’application des procédures DUBLIN qui leur font vivre un véritable calvaire et leur bloquent l’accès à la demande d’asile.

Une cinquantaine d’entre eux se sont réunis à Montpellier pour rédiger une belle lettre ouverte à la population et au Préfet. Des organisations, syndicats, associations sont appelé.e.s à signer une lettre de soutien à cette démarche des Migrants. La collecte est en cours…

Nous sollicitons aussi des personnalités locales ou régionales pour signer à titre personnel la lettre de soutien à la démarche des migrants. A ce titre, nous demandons à chacun.e de vous de participer à cette recherche de signatures dans vos réseaux. Vous êtes une personnalité (mais si, mais si !) ? Vous connaissez des personnalités ou quelqu’un de votre entourage en connaît ? Sollicitez-les ! Envoyez-leur la lettre des Migrants et la lettre de soutien à signer. Nous avons 14 jours pour le faire, il faut que la liste soit calée pour le 15 décembre. C’est un peu un marathon, mobilisons-nous !

Vos « récoltes » de signatures sont à envoyer à c.molino@magic.fr.

NOM et profession ou mandat ou responsabilité

1Il est difficile de déterminer le terme « personnalité ». Notre idée n’est pas de faire une énième pétition. Dans ce premier temps, nous cherchons davantage l’impact que le nombre, même si nous souhaitons que beaucoup de « personnalités » soient signataires. Ainsi, nous entendons par « personnalités » toutes les personnes que vous connaissez qui ont une « respectabilité » sociale admise : avocats, journalistes, médecins, directeurs d’établissements, chercheurs, universitaires, directeurs de théâtres ou institutions culturelles, acteurs, comédiens, chanteurs, plasticiens, photographes, responsables syndicaux, associatifs, élus etc.Tout ce qui peut impressionner le préfet et tous azimuts.

Merci de vous impliquer auprès des Migrants pour soutenir leurs justes revendications. A vous de jouer !


Le collectif Migrant.e.s Bienvenue 34

Régime d’asile européen : le Défenseur des droits dénonce une proposition de loi qui permet de priver de liberté les demandeurs d’asile

Source : https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/communique-de-presse/2017/12/regime-dasile-europeen-le-defenseur-des-droits-denonce-une-proposition

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, fait part de son inquiétude sur la  » qui s’apprête à être discutée à l’Assemblée nationale ce jour. Il a présenté des observations à la Commission des lois dès le 29 novembre.

Cette proposition de loi permet de placer en centre de rétention administrative certains demandeurs d’asile soumis au règlement « Dublin », avant toute décision d’éloignement.

Le texte adopté par la Commission des lois rend, certes, la proposition formellement plus conforme au droit européen. Le Règlement « Dublin » et la Directive « Accueil » du 26 juin 2013 permettent en effet ce placement en rétention s’il existe un risque de fuite des intéressés et sous réserve de l’examen de leur situation individuelle.

Néanmoins, le projet constitue un tournant politique déplorable en termes de respect des droits et des libertés fondamentales.

Ce serait, en effet, la première fois que la France décide de mettre en œuvre dans sa législation les mesures les plus restrictives du règlement européen en matière de libertés individuelles et de droits fondamentaux des demandeurs d’asile. Le Défenseur des droits rappelle qu’il a, au contraire, recommandé la suspension de ce mécanisme, le jugeant intrinsèquement inéquitable au détriment des Etats frontières. Comme le montre la proposition en discussion, l’application du règlement est, en outre, susceptible d’autoriser des restrictions disproportionnées au droit de ne pas être détenu arbitrairement.

Il opère avant tout un changement total de philosophie : en France, seules des personnes en situation irrégulière peuvent être placées en centre de rétention administrative et uniquement dans le but d’exécuter une décision d’éloignement, pour le temps strictement nécessaire à leur départ, et si l’éloignement demeure une perspective raisonnable. C’est tout le sens de l’ensemble des décisions du Conseil constitutionnel depuis 1980.

Si ce texte était adopté, des personnes en situation régulière pourraient désormais être privées de liberté, en l’absence de toute décision d’éloignement et sans que cet éloignement ne soit vraisemblablement possible.

Cela conduirait à banaliser l’enfermement des étrangers, y compris ceux ayant un droit au maintien sur le territoire et en besoin de protection internationale, au mépris du respect des droits fondamentaux les plus élémentaires.

Ici le communiqué de presse du défenseur des droits.

Gérard Collomb met la pression aux préfets sur l’immigration irrégulière

Un article tiré du site Ados sans frontières

Dans une circulaire du 20 novembre, le ministre de l’intérieur les exhorte à obtenir des résultats rapides sur les migrants.

La circulaire est ici, le décryptage de cette circulaire par la Cimade ici.

La « circulaire du 20  novembre », comme l’appellent les préfets, ce sont 14 pages intitulées « Objectifs et priorités en matière de lutte contre l’immigration irrégulière » que Gérard Collomb vient de leur adresser. Un texte, « raide », « sec », de l’avis général, qui conjugue à tous les modes « éloignement », « transferts » et « rétention » des étrangers.

Si le ton est abrupt, c’est que le ministre de l’intérieur veut des résultats rapides. Une loi sur -l’immigration est certes prévue au début du printemps, mais sur ce sujet comme sur d’autres, l’exécutif est pressé. Aussi M. Collomb prévient ses préfets qu’ »il est nécessaire d’agir rapidement, à droit constant ». Et pour cela, il leur demande de lui adresser « d’ici à la fin du mois de février  2018, un bilan de la lutte contre l’immigration irrégulière dans votre département en  2017, et votre plan pour la mise en œuvre des présentes instructions au cours des prochains mois. (…) La lutte contre l’immigration irrégulière relève de chaque préfet de chaque département », leur rappelle-t-il aussi, faisant déjà peser sur eux le poids d’un possible échec…

Avec la préfectorale, le ton avait été donné le 10  octobre. Ce jour-là le préfet de Lyon, Henri Michel Comet, avait été remercié parce qu’un Tunisien, meurtrier de deux jeunes filles à Marseille le 1er  octobre, aurait dû se trouver en rétention. « Un grand serviteur de la République évincé parce qu’il fallait qu’une tête tombe, ça a déjà mis la pression sur nous tous. Désormais, on envoie tous les étrangers qui volent une orange  en rétention », confie l’un d’entre eux, peu convaincu des résultats, et assez fâché de l’ambiance. « En plus, comme pour entretenir ce climat, les visioconférences du mardi entre les préfets et le cabinet du ministre, s’ouvrent une fois sur deux sur le bilan chiffré des expulsions d’étrangers », poursuit un autre, agacé.Eloignements et transferts.

Le chef de l’État leur avait déjà confié son regret le 5  septembre à l’Elysée, que »nous laiss(i)onss’installer des centaines de milliers » de personnes dans un « no man’s land administratif », parce que « nous reconduisons beaucoup trop peu ». C’était dire en creux qu’ »éloignements » et « transferts » doivent être la clé de voûte de la politique migratoire des préfets. Reste que toutes les expulsions ne se valent manifestement pas puisque les représentants de l’Etat sont priés de se concentrer sur « l’éloignement contraint des ressortissants des pays tiers vers les pays tiers » qui « représente l’indicateur le plus significatif de l’efficacité de la politique d’éloignement », précise le texte.

Ce zèle extra-européen ne doit pourtant pas faire oublier ce que l’on appelle les « transferts Dublin ». Ce renvoi des demandeurs d’asile vers les pays où ils sont arrivés en Europe est même jugé « indispensable » et le ministre attend d’ailleurs « un accroissement des transferts effectifs ». Pour y parvenir, il propose même d’ »assigner à résidence dès la présentation au guichet unique ». Une idée pour les préfets qui n’y ont pas déjà pensé. Dans son mémo, le ministre met aussi -largement l’accent sur l’expulsion des déboutés de l’asile. Il propose aux préfectures d’être prévenues de tous les déboutés de l’asile en temps réel. Par ailleurs, elles recevront « toutes les semaines la liste des déboutés par site d’hébergement », pour « prendre toutes les mesures en vue de l’éloignement effectif », rappelle la circulaire. Les « restrictions et privations de liberté « étant quasiment conseillées pour avoir toutes les chances de réussir ses renvois. D’ailleurs, le ministre annonce la création de 200 places de plus en rétention, en métropole, dans les prochaines semaines dont 59 à Vincennes, et la réouverture d’un Centre de rétention administrative (CRA) à Strasbourg.

Si la détermination pointe à chaque ligne, elle risque de ne pas tout faire. Tout n’est pas en effet entre les mains de la préfectorale puisqu’il faut des laissez-passer consulaires et aussi que le juge des libertés ne fasse pas libérer l’étranger mis en rétention… D’ailleurs, depuis l’affaire de Lyon, les préfets enferment beaucoup plus pour se couvrir, mais le taux d’expulsions n’a pas monté, selon les calculs de la Cimade. En revanche, le taux de libérations par les juges a augmenté, selon la même association, et le taux général d’exaspération des personnels, y compris de la police, qui travaillent dans les CRA, est lui aussi monté d’un cran.

Si côté préfet, on fait profil bas, de peur d’être muté au prochain conseil des ministres, une initiative rare a tout de même eu lieu dans la haute fonction publique le 23  octobre. Le ministre et les préfets ont reçu ce jour-là un courrier signé du « Collectif article  15 », composéd’élèves des dernières promotions de l’ENA. Cette lettre dont Le Monde a eu copie, les interpellait sur Calais, la Roya et quelques autres lieux emblématiques, interrogeant ces fonctionnaires sur les « atteintes à l’Etat de droit ou les traitements inhumains et dégradants « dont ont été victimes des migrants. Et leur demandait : « Quelles sont les mesures que vous envisagez de prendre afin d’y mettre fin et de nous rendre la dignité attachée à l’exercice de nos fonctions ? »

A Montpellier on se mobilise le 18 mais on se mobilise aussi le 16 à Menton !

L’appel pour la mobilisation nationale du 16 à Menton est ici .

La manifestation est appelée à 15h à la gare de Menton Garavan.
Nous organisons un aller-retour en bus depuis Montpellier:
> départ entre 7h et 8h de Montpellier pour arriver vers 12h30-13h30 à Menton
> manifestation à 15h
> retour à 18h30 pour une arrivée à minuit

# Coût de la place pour le bus plein: 30 euros.
# Pour les camarades qui sont justes financièrement, on propose la place à 15 euros ?
# Avec un appel à soutien financier individuel de la part de celles et ceux qui veulent participer mais qui ne pourront pas venir ?
Inscrivez-vous vite à l’adresse suivante : bus.montpellier@gmail.com

Aidez-nous à trouver des « personnalités » prêtes à s’engager !

Le 18 décembre est prévue une mobilisation qui doit être la plus massive possible en soutien aux demandeurs d’asile mobilisés pour dire STOP à l’application des procédures DUBLIN qui leur font vivre un véritable calvaire et leur bloquent l’accès à la demande d’asile.

Ils se sont réunis pour rédiger une belle lettre ouverte à la population et au Préfet (voir l’article ci-dessous). Des organisations, syndicats, associations sont appelées à signer une lettre de soutien à cette démarche des Migrants. La collecte est en cours…

Nous sollicitons aussi des personnalités locales ou régionales pour signer à titre personnel la lettre de soutien à la démarche des migrants. A ce titre, nous  demandons à chacun.e de vous de participer à cette recherche de signatures dans vos réseaux.

Vous êtes une personnalité (mais si, mais si !) ? Vous connaissez des personnalités ou quelqu’un de votre entourage en connaît ? Sollicitez-les ! Envoyez-leur la lettre des Migrants et la lettre de soutien à signer. Nous avons 14 jours pour le faire, il faut que la liste soit calée pour le 15 décembre. C’est un peu un marathon, mobilisons-nous ! Contactez-nous !

Des collectifs, associations, organisations soutiennent la mobilisation des personnes migrantes !

STOP DUBLIN ! STOP EXPULSION !

Contre la procédure Dublin et pour le droit de voir sa demande d’asile étudiée

Partout en France et en Europe des citoyens, des mouvements se dressent pour dénoncer une politique migratoire inacceptable. La massification des procédures Dublin rend la situation des exilés catastrophique. L’accès aux droits devient un parcours de combattant. Les accompagnements et suivis individuels, quand ils existent, permettent des recours argumentés mais ils aboutissent la plupart du temps à des impasses juridiques. Les préfectures n’hésitent pas à violer la loi, et les tribunaux suivent la plupart du temps. Les procédures Dublin engendrent des mises en situation irrégulière, notamment lors des renvois vers Italie où les demandes d’asile sont très rarement traitées et où les politiques européennes montrent leur totale absurdité et leur déficit de solidarité.

A Montpellier, comme à Marseille, à Menton et ailleurs, les personnes migrantes, soutenues par leurs amis, commencent à s’organiser et à relever la tête contre les procédures Dublin et les expulsions massives. Elles ont rédigé une lettre à destination du préfet de l’Hérault et de la population, dans laquelle ils dénoncent les atteintes à leur dignité.

Nous, signataires de ce texte, soutenons les personnes migrantes dans leur démarche et tenons à réaffirmer notre opposition à une politique migratoire criminelle.

Nous sollicitons une audience auprès de monsieur le préfet de l’Hérault le 18 décembre 2017, à 18h, journée internationale des migrants et du lancement en France des États généraux pour un changement de politique migratoire et appelons à une large mobilisation ce jour là, et chaque fois que nécessaire.

Liste des premiers signataires : Association des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture 34 (ACAT) – Collectif Refugees welcome 30 (Nîmes) – Collectif Solidarité Migrants Val de Salindrenque – Comité Local ATTAC Montpellier – Coordination des Groupes Anarchistes 34 (CGA) – Ensemble ! 34 – Réseau Éducation Sans Frontière 34 (RESF) – Nouveau Parti Anticapitaliste 34 (NPA)

Listes des premières « personnalités » signataires : Jacques Blin, écrivain, ex-conseiller général de l’Hérault – Jacque Bonnet écrivain – Antonin Molino, co-président de la Cagette de Montpellier – Joëlle Wintrebert, écrivain – Jean-François Molino Chercheur IRD – Romain Larive, enseignant chercheur Université de Montpellier – Alix Margado, promoteur du statut Scic en France, Anne-Valérie Mazoyer, Maître de conférences en psychologie clinique – Zina Bourguet, conseillère régionale Occitanie – Michel Marre, compositeur, cinéaste et conseiller municipal à Castelnau – Paul Alliès, universitaire – Xavier Landrin, enseignant chercheur en sciences politiques – Élie Daviron, animateur de réseaux, La Cagette de Montpellier, Geaorges Charpentier, professeur certifié – Maillet Jacques, ex-directeur adjoint de Montpellier SupAgro – Maryse Quéré, ancienne rectrice d’académie – Oulaf Ahcène, éducateur spécialisé – Claude et Henri Saudecerre, membres d’ATTAC France – Francis Gayraud, maire honoraire de Cabrières – Matthieu Brabant, secrétaire académique CGT éduc’action – Myriam Martin, Conseillère régionale Occitanie, porte parole de Ensemble! – Alain Baccuet, pasteur retraité de l’église protestante unie de France – Roger Moncharmont, inspecteur du travail retraité – Olivier Abel, professeur de philosophie éthique à l’Institut Protestant de Théologie,

Les personne migrantes de Montpellier et d’ailleurs se mobilisent contre la procédure Dublin, soutenons-les !

Depuis quelques semaines, les personnes migrantes de Montpellier et d’ailleurs s’organisent. A travers la lettre ci-dessous, ils s’adressent à la population et au préfet de l’Hérault. Soutenons leur démarche !

Rassemblement le lundi 18 décembre à 17h devant la préfecture de Montpellier !

Stop Dublin ! Stop expulsions !

Peuple de France, Monsieur le Préfet,

Nous venons très révérencieusement auprès de votre auguste personne pour vous dire nos peines concernant la demande d’asile.

Nous avons choisi la France, pays des droits de l’homme. Nous avons quitté des pays en plein chaos. Nous avons bravé le désert avec toutes ses atrocités. Nous avons risqué nos vies à travers la Méditerranée. Nous avons traversé les montagnes dans la peur et le froid.

On nous a parqué derrière des barbelés, entassé dans des camps comme des criminels, et pour finir, forcé par la violence, les contraintes et les menaces, à laisser nos empreintes dans des pays où nous ne voulons pas vivre.

Dans ces pays où nous sommes rejetés, sans soins, sans logement, sans nourriture, en proie au racisme, notre condition est indigne d’une existence humaine, en particulier en Italie où nous sommes arrivés nombreux et où nous sommes à la rue.

Aujourd’hui, avec la procédure Dublin, le gouvernement français a mis en place des méthodes pour mettre des pierres dans nos chaussures, et favoriser les expulsions. Dublin, pour nous, c’est un virus qui nous mange le cerveau.

Nous demandons :

  • la levée de la procédure Dublin pour toutes et tous,
  • la levée de l’assignation à résidence, menace permanente au-dessus de nos têtes,
  • l’annulation des dispositifs PRAHDA, établissements dans lesquels rien n’est facile : pas d’apprentissage de la langue, pas de moyens d’intégration, difficulté pour accéder aux soins, courriers filtrés retardant les recours possibles,
  • qu’on arrête d’expulser de force nos camarades, 
  • qu’on nous ouvre les portes de l’avenir avec l’accès à l’éducation, la formation professionnelle pour toutes et tous.

Nous voulons que cesse ce calvaire ! Qu’on nous donne enfin l’asile !

Des réfugiés fatigués d’un voyage plein de dangers

 

COLLECTIF POUR UNE NATION REFUGE

Nous sommes aujourd’hui plus de 64 collectifs et associations à travers toute la France à nous rassembler autour du MANIFESTE RESPECTS et de l’accueil des personnes exilées!

Ensemble nous continuerons à prouver que l’accueil est possible, désiré et même souhaitable ! Nous comptabilisons aujourd’hui PLUS DE 270 000 VUES du film sur
notre chaîne youtube, et de très très nombreux partages, et diffusions sur d’autres canaux! 5 télés, 34 articles de presse. Près de 1500 adhérents et 3 311 abonnés Facebook!

Mais le plus intéressant reste à venir !

CONTINUONS !!

Avec votre participation si vous le souhaitez ! 64 collectifs et associations sont en copie de ce mail. Nous invitions tous ceux qui le souhaitent à rejoindre le comité de pilotage, et à
répondre à tous via ce mail afin d’être intégrés dans la boucle!
Cela permettra également une meilleure identification de tous les collectifs présents et prêts à se mobiliser !

MOBILISATION LES 16 et 18 DÉCEMBRE

 

POUR UNE POLITIQUE D’ACCUEIL INCONDITIONNELLE ET LE RESPECT DES DROITS
HUMAINS !

MAL LOGEMENT – MISE EN DANGER DES MINEURS – VIOLENCES POLICIÈRES –  RÉGLÈMENT DUBLIN – PRADHA – EXPULSIONS STOP !
RESPECT ET ÉGALITÉ DES DROITS DES PERSONNES EXILÉES !
LIBERTÉ DE CIRCULATION – LIBERTÉ D’INSTALLATION – RÉGULARISATION DES PERSONNES SANS-PAPIERS

MANIFESTATION SAMEDI 16 DÉCEMBRE 2017 – JOURNÉE INTERNATIONALE DES MIGRANT·E·S

NOUS EXIGEONS :

– LA SORTIE IMMÉDIATE DES ACCORDS DE DUBLIN, LA LIBERTÉ DE
DEMANDER L’ASILE DANS LE PAYS DE SON CHOIX

– L’ARRÊT IMMÉDIAT DES EXPULSIONS ET DÉPORTATIONS, L’ARRÊT
DES VIOLENCES POLICIÈRES

– L’ABANDON DU NOUVEAU PROJET DE LOI SUR L’IMMIGRATION DU
GOUVERNEMENT MACRON

– LA RÉGULARISATION DES SANS-PAPIERS, LA LIBERTÉ DE CIRCULATION
ET D’INSTALLATION (ARTICLE 13 DE LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES
DROITS HUMAINS)

– LA MISE À L’ABRI DÉCENTE, LA PROTECTION ET LA SCOLARISATION
DE TOUS LES MINEURS EN FAMILLE OU SANS FAMILLES

ARRÊTEZ LES MENSONGES !

AU NOM DE LA LUTTE ANTI-TERRORISME, L’ÉTAT STIGMATISE, CRIMINALISE ET MALTRAITE LES PERSONNES EXILÉES SUR SON TERRITOIRE ET EN DEHORS. IL ORGANISE SA POLITIQUE D’IMMIGRATION SUR LA DISTINCTION ABSURDE ET INJUSTE ENTRE MIGRATION « POLITIQUE » ET « ÉCONOMIQUE ». IL JUSTIFIE AINSI UNE POLITIQUE « D’EXTERNALISATION » PIÉGEANT DES PERSONNES HUMAINES DANS DES CAMPS SORDIDES AUX PORTES DE L’EUROPE, OU LES RENVOYANT DANS LEURS PAYS D’ORIGINE OÙ ELLES SONT MENACÉES DE MORT (AFGHANISTAN, ERYTHRÉE, SOUDAN) !
L’OFPRA, institution accordant ou refusant à la roulette le statut de réfugié, se vante d’augmenter son taux d’accord… c’est FAUX !
Les promesses de Macron pour « il n’y ai plus personne dans les rues d’ici la fin de l’année… » tiennent à des EMPRISONNEMENT ET EXPULSIONS MASSIVES !
Aujourd’hui l’État français, appliquant la politique européenne, projette de  DÉCONSTRUIRE LE DROIT D’ASILE. En France, l’accueil des personnes exilées se résume à la rue, aux violences policières, au tri aléatoire des demandes d’asile et aux renvois vers les pays d’origine ! Elle se rapproche de plus en plus au projet politique xénophobe de l’extrême droite !

RUE ET VIOLENCES POLICIÈRES
Attaques nocturnes, gazages, provocations, invectives racistes, coups, vol du peu de biens que les personnes possèdent… Voici les comportements quotidiens de la police à l’encontre des personnes exilées en France et en Europe ! Or, l’insuffisance du dispositif
d’accueil maintenu par les États oblige l’existence des campements de rue dégradés: SIGNE LE PLUS VISIBLE DE LA POLITIQUE DE NON-ACCUEIL !
À la rue, les personnes exilées sont vulnérables ! La police suit les ordres : pas d’installation ! Et harcèlement permanent de celles et ceux qui n’ont nulle part où se poser !

TRI DES PERSONNES : DUBLIN OU PAS DUBLIN ?
L’application du règlement européen Dublin 3 permet des renvois massifs : toutes les personnes passées par un autre pays européen avant d’arriver en France sont susceptibles d’être renvoyées de force dans ce pays, alors que la plupart y ont été enfermées et/ou victimes de violences policières. Ces pays renvoient alors vers les
pays d’origine, la France sous-traite ainsi le sale boulot. Or, la France n’est PAS OBLIGÉE d’appliquer le règlement Dublin !

DE LA LYBIE À PARIS, NE LAISSONS PAS MACRON FAIRE LE TRI !

R·E·S·P·E·C·T·S !
RÉFUGIÉ·E·S EXILÉ·E·S SANS PAPIERS ÉTRANGER·E·S CITOYEN·NE·S
TOUS.TES SOLIDAIRES !

CONTACT@COLLECTIF-POUR-UNE-NATION-REFUGE.ORG

HTTPS://WWW.FACEBOOK.COM/COLLECTIF.POUR.UNE.NATION.REFUGE

Solidarité avec le collectif RASSA

Le promoteur propriétaire de l’immeuble vacant rue de la Providence a assigné en justice le collectif RASSA qui organise l’occupation des locaux rue de la Providence où sont logés une cinquantaine de personnes sans domicile.

Le tribunal d’instance de Montpellier doit statuer sur la requête d’évacuation  le MERCREDI 6 DECEMBRE 2017 à partir de 9h30. Le collectif RASSA et l’hébergement collectif est défendu par l’avocate de la ligue des droit de l’homme.

Nous vous invitons tous à venir soutenir le collectif RASSA et l’ hébergement collectif devant le tribunal d’instance de Montpellier 9 rue de Tarragone, (quartier rue de la Méditerranée) ;  des pancartes peuvent être apportées avec des slogan types  » droit au logement pour les sans abris », « réquisition des locaux vacants », « pour un accueil décent des demandeur d’asile »…

 

Mise à la rue musclée au PRAHDA de Villeneuve lès Maguelone

Les PRAHDA, Programmes d’Accueil et d’Hébergement des Demandeurs d’Asile, ce sont les derniers nés des centres créés par le gouvernent pour « accueillir » les demandeurs d’asile ayant fui leur pays. Mais plutôt que d’accueil, leur mission essentielle est de mettre en oeuvre les assignations à résidence et de préparer les expulsions vers d’autres pays européens des personnes en procédure Dublin.
Cette procédure Dublin qui, selon les mots mêmes des personnes migrantes « leur mange la tête ». Selon Dublin, c’est au 1 er pays européen par lequel la personne est entrée (souvent l’Italie, et pour cause) de traiter la demande d’asile. Quand bien même, on le sait désormais, la plupart des personnes expulsées en Italie y sont renvoyées à la rue.
Comme nous l’avions prévu à l’ouverture du PRAHDA de Villeneuve lès Maguelone, au pied de la prison, au mois de septembre 2017, les dysfonctionnements s’empilent. Dimanche 26 novembre, vers 18h, le directeur du PRAHDA décide de faire une pression musclée sur un résident en fin de droits pour qu’il quitte immédiatement les lieux. De fait, celui-ci (ne maîtrisant pas le français) se serait retrouvé à la rue dans le froid et la nuit.
Du strict point vue de la loi, le directeur ne pouvait pas l’expulser de cette façon. Cela relève de la décision d’un juge. Le PRADHA, c’est le lieu d’hébergement de cette personne, le seul, aussi précaire soit-il. Et il appartient au PRAHDA de proposer une solution d’hébergement.
Les autres résidents se sont immédiatement portés solidaires et ont empêchés l’expulsion de leur camarade.
Ce matin, lundi 27 novembre, des bénévoles, des militants d’associations, des citoyens sont venus soutenir ce résident et d’autres qui vont se retrouver dans la même situation brutale de mise à la rue.
Cet épisode vient s’ajouter aux graves carences déjà constatées sur le lieu : pas assez de travailleurs sociaux pour l’accompagnement juridique, social, de santé des personnes migrantes. Avec, pour conséquences, l’impossibilité pour les personnes hébergées de vivre dans des conditions dignes et un suivi juridique insuffisant qui les empêche de faire valoir leurs droits.
Nous demandons un changement radical de la mission des PRADHA. Que les résidents en fin de droits ne soient pas mis à la rue, que de vrais moyens y soient mis en œuvre pour un réel accueil des personnes migrantes.

Le 16 décembre 2017, tou-te-s à Menton !

A l’appel du Collectif Solidarité Migrants 06, de la Roya Citoyenne, de la Coordination San-papiers 75 et de la Coalition Internationale des Sans-papiers et Migrant-e-s

En prélude à la journée internationale des migrants, retrouvons-nous le samedi 16 décembre à Menton :
– Pour célébrer la journée internationale des migrant-e-s et donner de la visibilité à toutes les initiatives qui seront prises dans ce cadre,
– Parce que cette frontière est devenue un des symboles de l’inhumanité des politiques migratoires de l’État français et de l’Union européenne et du développement de l’État policier,
– Parce qu’aux mort-e-s es frontières s’ajoutent la multiplication des mesures d’enfermement et d’expulsion, les milliers de migrant-e-s à la rue, y compris des enfants et des jeunes isolé-e-s, le harcèlement policier et la chasse aux sans-papiers,
– Parce que le gouvernement français, au travers de l’inscription des mesures d’urgence dans le droit commun contredit
encore plus le droit d’asile et que ce même gouvernement prépare une nouvelle loi durcissant encore sa politique
migratoire dans un sens liberticide
– Parce que cette région est devenue le symbole des solidarités qui existent sur tout le territoire avec les migrant-e-s.
Mais elle est aussi devenue, après Calais, le symbole de la répression contre ce mouvement et les personnes solidaires
– Pour dire « ça suffit ! », pour mettre fin à l’acharnement contre les migrant-e-s et aux discours et politiques racistes et
sécuritaires qui gangrènent toute notre société.

Nous manifesterons pour :

– l’accueil des migrant-e-s
– la liberté de circulation et de résidence (art. 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen)
– la régularisation des sans-papiers
– l’abrogation des accords de Dublin
– la solidarité et l’égalité des droits pour tout-e-s
– l’abrogation de tout « délit de solidarité » et l’abandon de toutes les poursuites contre les personnes solidaires

Lancement des États Généraux des Migrations

Vous trouverez dans cet article des informations relatives au lancement national du processus des États Généraux des Migrations.
Une conférence de presse s’est en effet tenue à Paris pour l’occasion, le 21 novembre dernier. Voici donc :
– le dossier de presse envoyé en amont aux journalistes (en PJ)
– la revue de presse issue de la conférence, par ici :
https://eg-migrations.org/Lancement-des-Etats-generaux-des-migrations-une-conference-de-presse-reussie
(articles dans les différents médias en bas de la page)
– la retranscription écrites de certaines prises de parole (en PJ)
– un lien vers la vidéo qui a été tournée en direct de la conférence :
https://www.pscp.tv/w/1nAKEWbDqXkJL?t=0
N’hésitez pas à diffuser tout ceci au sein de vos réseaux.  A très bientôt pour la mise en œuvre de ce processus !

 

 

CNN filme une enchère aux migrants, vendus comme esclaves pour 400 dollars

Une équipe de journalistes de CNN a pu filmer une scène témoignant de la réalité de l’esclavage en Libye. En août 2017, CNN recevait une vidéo tournée clandestinement, attestant de la tenue de marchés aux esclaves en Libye. En octobre dernier, une équipe de la chaîne s’est rendue sur place et a pu filmer une mise aux enchères similaire, dans un lieu qui n’a pas été précisé. «Un homme grand et fort pour les travaux fermiers», vante la voix d’une personne hors-champ, vraisemblablement un vendeur. Le  jeune homme noir en question sera finalement vendu pour sa force de travail pour 1 200 dinars libyens, soit environ 740 euros. D’autres sont vendus pour l’équivalent de 400 euros.

La vidéo est visible sur le site du monde grâce à ce lien : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/15/libye-des-migrants-vendus-aux-encheres-comme-esclaves_5215509_3212.html

 

Parlement européen

Une proposition de la commission libertés civiles du parlement européen pour la reforme du système Dublin. La proposition a été approuvée aujourd’hui -16 novembre – par la plénière du Parlement Européen. Maintenant il doit passer le cap au Conseil Européen (les 28 gouvernements) …

http://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20171016IPR86161/chaque-etat-de-l-ue-doit-accueillir-une-part-equitable-de-demandeurs-d-asile

Solidarité Migrants – Collectif 06

Ce 9 novembre 2017 , un nouveau collectif, Solidarité Migrants – Collectif 06 , a annoncé sa création. Il a pour objectif de rassembler le plus largement possible toutes les organisations du département des Alpes-Maritimes mobilisées sur la situation des migrants et sur la politique migratoire. Citoyens Solidaires 06 en fait bien sur partie et en est une des organisations fondatrices.

http://citoyenssolidaires06.com/?p=3838

Droit d’asile: des associations accusent préfet et cour d’appel de «violations du droit»

Un migrant assis au milieu de tentes plantées dans une rue de Paris, le 27 octobre 2016 Photo PHILIPPE LOPEZ. AFP

Des associations de défense des droits et des avocats ont dénoncé jeudi à Montpellier des «violations du droit» commises selon eux par la préfecture de l’Hérault et par la Cour d’appel de Montpellier vis-à-vis de demandeurs d’asile.

«Le droit n’est pas appliqué par la préfecture de l’Hérault et pas toujours par la Cour d’appel de Montpellier» où certains magistrats «violent un arrêt de la Cour de cassation», a estimé jeudi Me Sophie Mazas, présidente de la LDH Hérault, lors d’une conférence de presse tenue symboliquement avec d’autres associations comme la Cimade devant les marches de la Cour d’appel.

Me Mazas a notamment dénoncé cinq cas récents dans l’Hérault d’arrestations et placements en rétention de «Dublinés», ces demandeurs d’asile auxquels il est imposé de retourner dans le premier pays européen d’entrée, en application du règlement européen dit «Dublin III».

Elle a également mis en avant des décisions de la Cour d’appel qui, le 20 octobre dernier, a par exemple infirmé une décision d’un JLD du TGI de Montpellier en déclarant «régulière» la décision de placement en rétention administrative d’un ressortissant afghan de 50 ans, en mettant en avant un risque de fuite appuyé sur son absence de domicile fixe.

Or, a souligné Me Mazas, dans un arrêt du 27 septembre 2017, la cour de Cassation a jugé «qu’en l’absence (dans la législation française ndrl) de disposition contraignante de portée générale, fixant les critères objectifs sur lesquels sont fondées les raisons de craindre la fuite du demandeur d’une protection internationale qui fait l’objet d’une procédure de transfert», un tel placement en rétention était illégal.

Me Mazas a fustigé «la technique consistant à arrêter un demandeur d’asile en préfecture, puis à le placer en rétention à 17H00 et le renvoyer vers le premier pays d’accueil à 06H00 du matin le lendemain» sans qu’il ait pu voir un avocat ou un juge des libertés et de la détention (JLD).

Ces renvois ont souvent lieu vers l’Italie, a souligné Me Julie Moulin, du syndicat des avocats de France, «alors que ce pays a appelé en vain à l’aide face à l’afflux de demandeurs d’asile» et n’est pas en mesure de respecter leurs droits, notamment à un interprète, selon elle.

Sollicitée par l’AFP, la préfecture de l’Hérault n’avait pas souhaité en début d’après-midi commenter ces déclarations.

AFP

Montpellier : des associations accusent préfet et cour d’appel de “violations du droit”

http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/montpellier-associations-accusent-prefet-cour-appel-violations-du-droit-1355277.html

foto

Montpellier – des associations de demandeurs de droit d’asile accusent préfet et cour d’appel de « violations du droit »- 26 octobre 2017. / © F3 LR S.Vanni

France Info- 26 10 2017 Par FD avec afp Publié le 26/10/2017 à 16:19

Des associations de défense des droits et des avocats ont dénoncé jeudi à Montpellier des « violations du droit » commises selon eux par la préfecture de l’Hérault et par la Cour d’appel de Montpellier vis-à-vis de demandeurs d’asile.

5 cas dans l’Hérault « violent un arrêt de la cour de cassation »

Me Mazas a dénoncé cinq cas récents dans l’Hérault d’arrestations et placements en rétention de « Dublinés », ces demandeurs d’asile auxquels il est imposé de retourner dans le premier pays européen d’entrée, en application du règlement européen dit « Dublin III ».

« Le droit n’est pas appliqué par la préfecture de l’Hérault et pas toujours par la Cour d’appel de Montpellier » où certains magistrats « violent un arrêt de la Cour de cassation », a estimé jeudi Me Sophie Mazas, présidente de la LDH Hérault, lors d’une conférence de presse tenue symboliquement avec d’autres associations comme la Cimade devant les marches de la Cour d’appel.

La cour d’appel de Montpellier montrée du doigt

Elle a également mis en avant des décisions de la Cour d’appel qui, le 20 octobre dernier, a par exemple infirmé une décision d’un JLD du TGI de Montpellier en déclarant « régulière » la décision de placement en rétention administrative d’un ressortissant afghan de 50 ans, en mettant en avant un risque de fuite appuyé sur son absence de domicile fixe.


conférence de presse du 26 octobre 2017 et ses 17 signataires (dont CMB34)

Passeport pour l’expulsion ?

Alors que la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme s’inquiète du traitement des personnes migrantes en France en publiant une déclaration. Déclaration CNCDH 17 Octobre 17.pdf_

le gouvernement accentue sa politique répressive envers les étrangers qu’ils soient sans papiers ou demandeurs d’asile. Mais la riposte s’organise : STOP DUBLIN

Gérard Colomb, ministre de l’intérieur, accélère les expulsions, met en œuvre avec zèle la politique Dublin, trie les migrants dans des Centres (PRAHDA : Programme d’Accueil et Hébergement des Demandeurs d’Asile). Médiapart propose une analyse détaillée, parle de la construction d’un véritable mur législatif. Voir ici l’article (pour abonnés)

Dimanche 17 septembre à 10h30

séance unique au cinéma UTOPIA RÉFUGIÉ-E-S CITY PLAZA

Suivie d’une rencontre avec le collectif Migrant-e-s Bienvenue 34 

Collectif Solidarité Grèce – documentaire Grèce 2016 52mn –

RÉFUGIÉ-E-S CITY PLAZA

Il y a des expériences qui méritent d’être vues de près et relatées comme celle de l’Hôtel City Plaza, à Athènes, une centaine de chambres habitées par plus de 400 réfugiés, principalement débarqués en Grèce, par bateau et venus de Syrie, d’Afghanistan, du Pakistan, des Kurdes, une immense tour de Babel. On y entend parler le Urdu, le Pachtoune, le Tadjik, le Dari, le Russe. Chacun a de la famille à quelque part en Europe et essaie de rejoindre qui un frère en Suède, qui une tante en Allemagne qui un père en Italie. Ils sont depuis plusieurs mois en Grèce et attendent de partir. L’Hôtel City Plaza a été réquisitionné par des militants d’extrême-gauche, le 22 avril 2016. Un hôtel abandonné depuis des années par le propriétaire qui ne pouvait plus payer ses salariés. Ceux-ci se sont montrés solidaires et s’estiment en partie propriétaires des meubles et des équipements qu’ils mettent à disposition des réfugiés. L’hôtel est branché sur l’électricité d’un chantier voisin. Une expérience de solidarité concrète, en autogestion.

À celles et ceux qui fuient la guerre, la misère, les États de l’Union Européenne opposent la fermeture de leurs frontières. Aux portes du Moyen Orient, la Grèce, exsangue, s’est transformé en cul-de-sac pour les réfugiés venus se fracasser sur l’Europe forteresse. Pas d’accueil, ou si peu, pas de moyens à la hauteur de l’enjeu humain, pas de volonté politique, si ce n’est celle de refouler. Aux portes du Moyen Orient, la Grèce, exsangue, s’est transformé en cul-de-sac pour les réfugiés venus se fracasser sur l’Europe forteresse. Face au désastre humanitaire, des Athéniens, aidés de volontaires internationaux, ont décidé de réquisitionner un hôtel vide, le City Plaza, pour y accueillir plusieurs centaines d’exilés, adultes comme enfants. Une expérience de solidarité concrète, en autogestion.

Après la projection, débat avec des militant-e-s du collectif Migrant-e-s Bienvenue 34, qui se bat depuis le printemps 2016 sur Montpellier pour impulser avec les personnes migrantes un réseau de solidarité, afin de les aider à sortir de leur isolement social, de favoriser l’échange, la rencontre. Mais aussi de les soutenir dans la bataille pour l’égalité des droits, l’obtention de meilleures conditions d’accueil, et dénoncer l’absence de politiques dignes des enjeux.

https://fr-fr.facebook.com/events/277416146093190/

Les Prahda : isoler, invisibiliser, expulser

 

https://paris-luttes.info/les-prahda-isoler-invisibiliser-8608?lang=fr

Publié le 30 août 2017 | Maj le 31 août

Quelques jours après de nouvelles évacuations, la question se pose une fois de plus quant aux modalités et conditions de ces « mises à l’abri » incertaines et plus généralement des dispositifs actuels d’hébergement des demandeurs d’asile. Le Prahda [1] a fait son apparition récemment. Témoignages.

On avait commencé à parler en France d’un nouveau dispositif d’hébergement, le Prahda, géré par Adoma, qui avait « remporté le marché » en novembre 2016, après l’appel d’offres du ministère de l’Intérieur [2]. Le Prahda, Programme d’Accueil et d’Hébergement des Demandeurs d’Asile, serait officiellement un relai des CAO – autre dispositif d’accueil des demandeurs d’asile – et théoriquement « dispositif d’hébergement d’urgence », dans un objectif d’augmentation des places d’accueil des demandeurs d’asile en France. Il y aurait, à terme, un total de 62 Prahda mis en place sur le territoire français, pour un total de places prévues à terme de 5351 . Mais le constat des associations et collectifs sur place est alarmant. Les conditions de vie dans ces lieux, pour la plupart des anciens Formule 1, sont très préoccupantes. Ce nouveau dispositif semble nuire gravement aux droits des demandeurs d’asile, notamment en matière juridique, et ce, loin des villes, dans l’indifférence quasi-générale.

JPEG - 1.4 Mo

Isolement et détérioration des conditions de vie

La situation semble être partout à peu près identique, à quelques détails près. Un ancien Formule 1, à plusieurs kilomètres d’une ville, en bord de nationale ou départementale, loin de tout commerce, et souvent encore sans cuisine, sans machine à laver. Pas d’accès à Internet ni de transports en commun à plusieurs kilomètres à la ronde.

Par exemple à Lesquin, dans les Hauts-de-France, le Prahda est situé à une sortie d’autoroute, à côté de l’aéroport.

En région Auvergne-Rhône-Alpes, un Prahda héberge une cinquantaine de personnes, dont plusieurs femmes seules avec bébés, des familles, et des jeunes. L’hôtel est situé à quatre kilomètres d’une petite ville, le long d’une route départementale où se succèdent les camions. Pour rejoindre l’arrêt de bus le plus proche, on n’a pas le choix, il faut marcher le long de la route, qui descend et qui monte, pendant une vingtaine de minutes, sans trottoir. Le trajet à pied se fait au ras des véhicules, et les personnes se font régulièrement klaxonner, les automobilistes signalant la dangerosité de marcher sur le côté de cette route. J’ai fait le trajet avec trois personnes, dont une jeune femme avec bébé. La moindre chute, ou un écart de voiture, peuvent être fatals. C’est pourtant la seule solution pour faire les courses. Ici les tickets de transport sont aux frais des personnes.

Cette situation est loin d’être unique : à Bourges par exemple, le Prahda est à 10 km du centre-ville. A Quimper, il est à environ 5 km du centre-ville, dans une zone commerciale, au bord d’une voie express.

« Ici, me dit une jeune femme hébergée en Prahda, il y a deux énormes problèmes. Le premier, c’est qu’il n’y a aucun commerce, aucun supermarché pour acheter de la nourriture, et pour acheter des choses un peu encombrantes, comme du papier-toilette, du shampoing, c’est quasiment impossible, vu la distance à faire. Et surtout, deuxième problème, il n’y a pas de cuisine ». A ma grande stupeur, il n’y a donc aucune plaque électrique, aucun dispositif de cuisson ni de cuisine sur place, pour les 47 habitants du lieu. Certains habitants ont investi, avec leurs économies, dans un petit réchaud électrique qu’ils branchent dans leurs chambres, puisqu’il n’y a pas de pièce commune, mais si les employés le trouvent, ils le confisquent systématiquement, pour raisons de sécurité. Deux semaines plus tard, deux petites plaques ont été installées, pour ces 47 personnes, mais elles ne sont utilisables que le matin, de 10h à 12h, sur inscription préalable.

JPEG - 771.4 ko

Seul matériel à disposition : deux petits frigos et deux micro-ondes, pour 47 personnes, ce qui est largement insuffisant, surtout en pleine canicule. Officiellement, dans la plupart des Prahda, la réponse est la même : une cuisine va être construite. Mais on ne sait pas exactement quand, et les dimensions risquent d’être largement en-deçà du nombre de personnes. En attendant, cette jeune femme a été amenée aux urgences après n’avoir pas mangé suffisamment pendant plusieurs jours. Vraisemblablement, les lieux ont donc été « remplis » avant même d’être conformes et adaptés à l’accueil de personnes ; pendant un à trois mois, plusieurs centaines de personnes y sont « installées », dans des conditions très précaires, en attendant les travaux et installations éventuels.

L’ex-Formule 1 est là, devant un grand parking désert et clôturé, au bord de la route. Il n’y a pas de salle commune, seulement quelques chaises sur le perron du parking. Quelques résidents sont assis sur une marche, et regardent les voitures et camions passer, dans un bruit assourdissant. Autre témoignage dans un Prahda, ni placards ni rangements, et des chambres très exiguës de 7 mètres carré pour deux personnes, ou plus s’il y a des enfants.

Sur place, il n’y a aucune association, ni collectif, ni bénévoles, pour venir en aide aux résidents. La seule aide extérieure concrète, c’est la distribution de nourriture des Restos du Cœur, « souvent juste du pain et quelques yaourts », me dit une résidente. Les quelques personnes qui viennent apporter des courses et un peu de compagnie viennent d’un autre département. Les employés ne parlent pas de langues étrangères, ni même anglais. Il n’y a pas de cours de français. Une femme me dit qu’elle ne comprend pas les consignes de la gérante, qui ne parle que français, qu’on lui laisse des mots sur sa porte qu’elle ne comprend pas, et qu’elle n’arrive pas à se faire comprendre lorsqu’elle demande des indications. J’ai dû expliquer moi-même la situation juridique de la personne, que visiblement la gérante n’avait pas compris. Il y avait des erreurs importantes dans son dossier – dont une erreur de nationalité sur son justificatif d’hébergement.

À raison d’un salarié équivalent temps plein pour 20 à 25 personnes, dont au moins 40% d’intervenants sociaux, les normes d’accueil et d’accompagnement en Prahda sont nettement inférieures à celles des CADA. Dans ce Prahda, il y a donc un directeur à mi-temps, et une assistante sociale, pour 47 personnes. Les conditions de travail sont difficiles.

Une autre habitante plus âgée, originaire d’Europe de l’Est, rencontre de graves problèmes de santé depuis plusieurs semaines. Elle doit se rendre à une visite médicale obligatoire, trois fois par semaine, au centre-ville. Evidemment, pour s’y rendre, il faut marcher deux kilomètres sur la départementale, puis prendre le bus, et ce, en pleine canicule. Son médecin lui a interdit de marcher, car cela présente un réel danger pour sa santé. Mais elle n’a pas le choix. C’est une atteinte grave à la santé de cette personne.

Il n’y a aucun accès Internet. Cela semble dépendre du bon vouloir du gérant. Cela veut donc dire que les occupants n’ont pas de source de distraction, qu’ils ne peuvent pas communiquer avec leurs familles et amis, et qu’ils ne peuvent chercher des informations juridiques ou générales, ni avoir accès aux actualités de leurs pays et régions respectives.

Il n’y a rien à faire, nulle part où aller, c’est une manière de tuer les gens à petit feu. Si on quitte le lieu, c’est considéré comme un refus des conditions d’accueil, donc on perd toute aide financière. Si on reste, cela peut sûrement durer longtemps. Un jeune demandeur d’asile soudanais me dit qu’il est là depuis plus d’un mois, qu’il va de moins en moins bien. « Aidez-nous, s’il-vous-plait », me dit une autre maman que je croise, « faites-nous sortir d’ici ».

Une autre habitante du lieu, elle aussi avec un bébé, dit qu’elle préférerait vivre à la rue plutôt que de rester là, et qu’elle pensait quitter le lieu bientôt, même si cela signifie donc une rupture du contrat avec l’OFII et l’arrêt de l’aide financière. Une semaine plus tard, sa voisine m’appelle et me dit qu’elle est partie depuis maintenant cinq jours, sans donner de nouvelles.

Dans le même Prahda, la gérante a dit à une résidente que la possession d’un réchaud électrique, ou encore la « non-coopération » avec les employés – retards, conservation de documents – peut être un motif d’exclusion du lieu pour non-respect des règlements. Les motifs d’exclusion, assez flous, font planer une menace sur les demandeurs d’asile. « Je sais que je dois faire attention, parce que je dois rester en bons termes avec la directrice. J’essaie de ne pas trop m’énerver. Mais la dernière fois, je me suis emportée, et c’est vraiment difficile pour moi d’aller lui parler maintenant », me raconte une jeune femme. Pour les bénévoles, qui ne sont pas toujours bien reçus par les directeurs de Prahda, c’est aussi une crainte, qui incite à la prudence : se voir interdire l’accès au centre.

JPEG - 771.4 ko

Des transferts incessants

Certaines des personnes rencontrées ont été transférées plusieurs fois avant d’arriver au Prahda, duquel elles vont vraisemblablement être retransférées. Une femme en est à son quatrième transfert en cinq mois, ce qui a impliqué pour elle de changer quatre fois d’assistante sociale. Dans ces conditions, un minimum de suivi sérieux semble difficile. De plus, ces transferts bousculés, parfois d’une région à l’autre, comme dans le cas de cette femme, entraînent des complications absurdes : elle avait déposé son récépissé pour renouvellement en préfecture dans un autre département, et n’a donc pas ce document avec elle, qui est maintenant à presque une heure et demie de TER, dans une autre ville. Elle n’a donc pas pu changer non plus d’adresse de domiciliation, et n’a pas pu accéder à son courrier depuis quatre semaines.

Tout est bloqué. Une autre femme en attente de soins doit attendre deux semaines un devis de remboursement alors que sa prise en charge pourrait être immédiate, parce que sa caisse d’assurance maladie, obtenue après bien des péripéties, est basée dans un autre département.

De même, les affaires des personnes ne suivent pas toujours. Partie dans la précipitation, les affaires de l’une d’entre elles, restées à l’ancien lieu d’hébergement, étaient censées arriver, après une semaine d’attente. Mais la gérante les a renvoyées, sous prétexte que le colis était trop gros, et qu’elle n’avait pas été prévenue. Selon elle, les affaires n’auraient pas de place dans la chambre, il faut que les demandeurs d’asile « voyagent » léger…

Le discours de la gérante se répète : « ils sont mieux ici que dans la rue ; il faut être content avec ce qu’on a, c’est mieux que rien, et c’est mieux que des tentes ». C’est peut-être là le fond du problème. Car le référentiel ne devrait être ni la rue ni la tente, mais un logement digne. Et certains n’étaient pas dans la rue, mais dans des CAO ou des CADA. Certains suivaient des cours de français, étaient entourés par des associations, aidés dans leurs démarches, les enfants avaient des amis, et les transferts tombent comme des condamnations vers ces Prahda loin de tout, au point où l’on se demande encore si l’OFII s’occupe de personnes ou traite des marchandises et des numéros.

Les expulsions

« J’étais dans un camp à Paris, me dit un demandeur d’asile soudanais. Un matin ils nous ont embarqués et je suis monté dans le bus. Quand on est arrivé ici, j’ai compris que j’avais fait une erreur. Maintenant je suis en Dublin, en procédure accélérée, pas en procédure normale. Ca fait trois semaines que je suis ici, et je ne sais pas quoi faire. L’assistante sociale est gentille mais elle me dit qu’elle ne peut rien faire pour moi, que je dois juste attendre ».

Selon le demandeur d’asile soudanais, il y aurait, sur soixante personnes, seulement trois personnes en procédure « normale ». C’est donc une espèce de regroupement des personnes en attente d’expulsion qui semble avoir cours ici. C’est une particularité des Prahda, sinon l’objectif principal de ce dispositif : assignation à résidence et préparation de l’expulsion. Bref, une systématisation et une augmentation des expulsions des demandeurs d’asile en procédure Dublin, c’est-à-dire expulsion vers le pays européen où ils ont déposé leurs empreintes en premier, souvent le premier pays d’arrivée – dans beaucoup de cas, l’Italie, l’Espagne, la Hongrie. Sauf que dans beaucoup de cas aussi, l’expulsion des personnes vers ce pays ne leur permet pas d’y déposer une demande d’asile, et peut éventuellement aboutir à une expulsion directe vers leur pays d’origine, ce qui est notamment le cas pour les ressortissants afghans. Cette vocation à « assigner » et « expulser » est clairement définie dans le document technique des Prahda : on y lit, « les personnes placées sous procédure Dublin pourront être maintenues dans le lieu d’hébergement le temps nécessaire à la mise en œuvre effective de leur transfert vers l’Etat responsable de l’examen de leur demande d’asile » .

Seul problème, deux jeunes femmes d’Afrique de l’Ouest par exemple, toutes les deux accompagnées d’un nouveau-né, ne sont théoriquement pas renvoyables en Italie. Elles possèdent un courrier conservé par la préfecture qui atteste d’un danger réel pour elles en Italie lié à des violences subies via des réseaux de prostitution et pour l’une d’entre elles des menaces liées à sa fuite en France. Problème, les courriers attestant des violences subies sont également restés dans une autre ville, où elles étaient hébergées précédemment. Il n’est donc pas impossible que les autorités outrepassent ce courrier et que les personnes ne puissent défendre leurs droits.

Plus préoccupant encore. Des personnes en fin de procédure Dublin sont transférées en Prahda. Tout s’accélère. Début août dans l’Yonne, quatre personnes déjà convoquées risquent une expulsion, et d’autres sont convoquées en préfecture. Un collectif s’organise pour affirmer son soutien aux personnes, en mettant en place des moments de discussion, des repas, des manifestations, et accompagnent les personnes lors de leurs convocations en préfecture. Certains risquent, de fait, des expulsions vers leurs pays d’origine quand leur demande d’asile a été rejetée dans le pays tiers. Au-delà de la violence extrême des expulsions forcées, les renvois vers le pays d’origine sont extrêmement dangereux pour les personnes, surtout lorsqu’elles ont subi des persécutions et discriminations évidentes dans ces pays. La plupart seront, dans ce pays tiers, en situation de clandestinité, et sans aucune aide ni prise en charge. Alors que, comme l’a rappelé récemment M. Jacques Toubon, les « renvois au nom de Dublin ne sont pas obligatoires », « il existe une clause dans le règlement Dublin qui permet à la France de prendre leur demande d’asile en compte » . « La situation est vraiment difficile pour nos amis, écrit un membre du collectif. L’angoisse et la peur sont insupportables ». D’autant plus que beaucoup d’entre eux ont attendu pendant de longs mois une possible régularisation, pour finalement se voir en procédure d’expulsion. Le 23 août, une majorité des personnes en procédure Dublin dans ce Prahda ont reçu des arrêtés d’expulsion. Une dizaine d’expulsions ont eu lieu depuis l’ex-CAO du Gard, vers l’Italie.

Les convocations et assignations à résidence se multiplient dans les autres Prahda. Loin des maisons et loin des caméras. Sans faire de bruit. Là où parfois il n’y a pas de soutien, pas de collectif. Les personnes ne sont pas aidées dans leurs démarches. En Gironde, certains sont en procédure Dublin depuis plus de sept mois et pourraient faire des demandes de réadmission, et ceux qui sont déboutés pourraient faire des
recours, mais rien ne semble fait pour les aider.

Les Prahda, avec le système des assignations à résidence et des agents de la préfecture qui se déplacent pour remettre des arrêtés de transfert, deviennent de petits centres de rétention. Dans certains Prahda, il y a des vigiles, et souvent les grilles automatiques sont fermées la nuit. Les centres sont équipés de nombreuses caméras de surveillance.

Pour les personnes en procédure « normale », c’est-à-dire qui ont pu déposer une demande d’asile en France et ont pu suivre une procédure auprès de l’OFPRA, la question se pose aussi de leur suivi. Est-ce qu’ils reçoivent l’encadrement et l’aide nécessaire pour constituer leur dossier et faire des recours, si leur demande est rejetée ? Les assistantes sociales sont souvent débordées. Vu l’isolement des Prahda et, bien souvent, l’absence d’associations d’aide juridique, cela semble difficile.

Les Prahda, alors, qu’est-ce que c’est ? Souvent des ex-hôtels Formule 1, souvent non-équipés, en bord d’autoroute, au milieu de nulle part, avec un très faible nombre d’employés. La conséquence de cet isolement, c’est l’absence complète d’accès aux associations d’aide juridique et sociale, l’absence complète d’accès à des cours de français et au tissu de relations et d’entraide susceptibles de rassembler les personnes et de les aider à faire valoir leurs droits. La situation peut changer, et commence déjà à changer un peu, grâce à l’énergie des solidaires et des bénévoles, et les efforts des travailleurs sociaux. Mais les procédures d’expulsion du territoire se multiplient.

Isoler, séparer, invisibiliser… Ce dispositif s’inscrit dans le durcissement sécuritaire, la précarisation des demandeurs d’asile, la nette dégradation de leurs conditions d’accueil et de respect de leurs droits, déjà dénoncés par les associations, ainsi que l’augmentation et l’accélération des expulsions sous procédure Dublin. Les Prahda s’inscrivent dans la politique actuelle d’expulsion et de « tri » réservée aux demandeurs d’asile en France et en Europe.

Alors que faire, sinon dénoncer, dénoncer inlassablement ? Parler des Prahda, informer les uns, sensibiliser les autres, tenter de résister à l’isolement des résidents des Prahda, en implantant des structures associatives, en proposant de l’aide juridique, en montrant que les personnes sont suivies et écoutées, en luttant contre les expulsions et en médiatisant ces expulsions.

À toutes fins utiles, la liste des Prahda sur le territoire est disponible ici :

Notes

[1Programme d’Accueil et d’Hébergement des Demandeurs d’Asile

Expulsion de nos cinq autres amis soudanais assignés à résidence

Après Babiker il y a une semaine, l’état français et la préfecture de l’Hérault ont expulsé en 48h Mustapha, Hamdan, Abdallah, Abbas et Babo.

Les accords Dublin III signés par les états membres européens, rendent possible l’expulsion des réfugiés vers le premier pays dans lequel ils ont laissé leur empreintes en Europe. Cette procédure largement utilisée en France, s’est vue appliquée pour nos 6 camarades sous la responsabilité de la préfecture de l’Hérault. Depuis le 18 juillet, celle-ci les a aussi assignés à résidence alors qu’ils étaient hébergés en CAO afin de faciliter leur expulsion à moindre coût. Elle les a en effet contraints à se rendre chaque jour au commissariat avec leur effets personnels.

Babiker a été expulsé vers Bologne le 27 juillet, Mustapha, Hamdan ont été expulsés vers Milan ce lundi 31 juillet dans des vols séparés. Nous n’avons pas de nouvelles d’Abdallah. Aujourd’hui 1er août, après une nuit au CRA de Sète, Abbas et Babo ont quitté le CAO ce matin pour l’aéroport de Montpellier. Leur destination devrait être Milan via Paris. Nous n’arrivons pas à les joindre.

Au-delà des conditions stressantes, humiliantes et dégradantes de la mise en oeuvre de leur expulsion (assignation à résidence, pointage journalier au commissariat avec incertitude sur le jour et la destination de l’expulsion etc.), le Collectif Migrants Bienvenue 34 dénonce :

  • Que l’État français refuse de traiter la part convenue au niveau européen des demandes d’asile de réfugiés à laquelle il s’était engagé

  • Que l’État français et la préfecture de l’Hérault renvoient vers l’Italie des demandeurs d’asile soudanais en sachant pertinemment que des accords Italie/Soudan rendent possible l’expulsion vers leur pays d’origine. Le Soudan, pays en guerre civile, est dirigé par le dictateur El Béchir poursuivi par la Cour de Justice Internationale pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide ! L’État français se rend complice des dangers de mort qu’ils peuvent encourir s’ils sont renvoyés là-bas.

  • Que contrairement aux propos tenus par la préfecture de l’Hérault et malgré nos informations répétées, les migrants en Italie ne sont pas accueillis dans des conditions leur permettant de déposer une demande d’asile : pas de traduction donc de compréhension des démarches à effectuer, menace d’expulsion vers le Soudan, hébergement pour certains et mise à la rue pour d’autres sans autre explication et perspective.

Cette situation est intolérable et obscène. Nous ne les abandonnons pas, nous poursuivons notre lutte, avec eux là-bas, pour les autres ici. L’élan de solidarité qui a eu lieu autour de nos 6 camarades et la colère engendrée par cette situation vont nous permettre de poursuivre la lutte contre l’inhumanité des procédures Dublin et pour l’accueil digne des migrant-e-s.

Parce qu’aucun être humain n’est illégal, nous sommes assigné-e-s à résistance !

Vallée de la Roy, l’humanisme macronien à l’œuvre

Un communiqué du Réseau Éducation Sans Frontière

La situation dans la vallée de la Roy devient proprement intolérable : expulsions illégales de demandeurs d’asile et de mineurs, violences, arrestations arbitraires et répression à l’encontre de de celles et ceux qui protestent et fournissent les secours les plus élémentaires aux migrants. Le CP publié par Cédric Herrou et la vidéo du Collectif Roy Solidaire (CRS) en apportent des preuves révoltantes.

Pour faire savoir ce que vous en pensez à ceux qui ordonnent de tels gestes aux policiers, les adresses mails ci-dessous.

Communiqué de Cédric Herrou et vidéo à voir et à diffuser absolument

LA VIDEO EST EN LIGNE

« FESTIVAL DU DROIT D’ASILE DE CANNES »

https://youtu.be/AHF2BwFsb5o

Lundi 24 Juillet Cédric Herrou a été mis en garde à vue puis mis en examen pour « aide à l’entrée et a la circulation de personnes en situation irrégulière » alors qu’il suivait des demandeurs d’asile comme en train jusqu’en gare de Cannes afin d’être témoin d’éventuelles interpellations illégales et violations de leur droit.

Le collectif CRS dont fait partie Cédric avait pour projet de réaliser un film documentaire retraçant le parcours chaotique d’un demandeur d’asile dans les Alpes-Maritimes.

Ce projet a du être précipité à cause de l’arrestation de Cédric. Le présent film a été tourné en caméra cachée avec des téléphones portables et des caméras professionnelles.

Il démontre les violations des droits des demandeurs d’asile qui se sont vues interpeller et reconduits à la frontière au mépris de leurs statut de demandeur d’asile, sans examen de leur demande, sans accès à des interprètes ni à leurs avocats.

Contact des grands humanistes qui ordonnent des actes odieux camouflés derrière des discours grandiloquents :

A l’Elysée :

Pour écrire au président :

http://www.elysee.fr/ecrire-au-president-de-la-republique/

Patrick.strzoda@elysee.fr   Directeur de cabinet

Matignon :

Pour écrire au 1er ministre :

http://www.gouvernement.fr/contact/ecrire-au-premier-ministre

Intérieur :

stephane.fratacci@interieur.gouv.fr   Directeur de cabinet de Collomb. Il était secrétaire général du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale sous Hortefeux puis sous Besson ainsi que préfet du Doubs lors de l’expulsion de Léonarda. Belle carrière au service des droits de l’Homme !

nicolas.lerner@interieur.gouv.fr   Dircab adjoint

pauline.pannier@interieur.gouv.fr  Conseillère immigration

sec.dircabadj@interieur.gouv.fr

sec.immigration@interieur.gouv.fr

Ecrire au ministre de l’Intérieur

https://www.interieur.gouv.fr/Contact/Ecrire-au-ministre-de-l-Interieur

Soutien à cinq Soudanais menacés d’expulsion à Montpellier

Par Marie Ciavatti, France Bleu Hérault vendredi 28 juillet 2017 à 6:50

Une vingtaine de militants soutiennent chaque jour ces demandeurs d'asile devant le commissariat de Montpellier
Une vingtaine de militants soutiennent chaque jour ces demandeurs d’asile devant le commissariat de Montpellier © Radio France – Ciavatti

Le collectif Bienvenue Migrants 34 se mobilise pour défendre 5 demandeurs d’asile menacés d’expulsion à Montpellier. Mardi, Babiker, Soudanais de 26 ans, a été renvoyé vers l’Italie sans préavis.

Ils sont Soudanais, entre 26 et 28 ans. Plusieurs sont originaires du Darfour, province en guerre. Depuis la mi juillet ces cinq demandeurs d’asile, hébergés au CAO (centre d’accueil et d’orientation) du Millénaire à Montpellier, sont assignés à résidence et contraints d’aller pointer chaque jour au commissariat, sur ordre de la préfecture.

Ce jeudi encore ils sont accompagnés par une vingtaine de militants du Collectif Migrants Bienvenue 34, bien décidés à empêcher leur expulsion.

Un sac sur le dos.. en cas d'expulsion.  - Radio France
Un sac sur le dos.. en cas d’expulsion. © Radio France – Ciavatti

Tous les jours le même rituel : 16h, ces migrants Soudanais se présentent au poste, paquetage sur le dos, dossier administratif en main, sans savoir s’ils ressortiront tous. La menace permanente d’une expulsion.

« Ça veut dire que tous les jours ils doivent faire leurs adieux comme s’il ne revenaient pas, s’indigne Catherine, membre du Collectif. Ça veut dire qu’ils doivent à chaque fois s’arracher aux peu de relations qu’ils ont pu se faire. Ils sentent bien que leur tour va arriver. C’est grave pour eux. Aucun d’entre eux ne souhaite partir« .

« Tous les jours ils doivent faire leurs adieux comme s’ils ne revenaient pas ». Catherine, militante

« Nous on classe ça dans les traitements inhumains et avilissants. C’est destructeur une pression pareille.  » Catherine, du collectif Migrants Bienvenue 34.

16h devant le commissariat de Montpellier - Radio France
16h devant le commissariat de Montpellier © Radio France – Ciavatti

L’expulsion. C’est ce qui est arrivé mardi à l’un d’eux : Babiker, 26 ans, en France depuis août dernier, arrivé à Montpellier en novembre. Il a été placé en rétention à Nîmes, puis Paris. 24 heures plus tard il était à Bologne en Italie, pays par lequel il est entré en Europe.

« L’Italie est submergée et remet les personnes déboutées dans l’errance ».

Anne, bénévole, a suivi son parcours pendant ces neuf mois et a eu de ses nouvelles le matin même: « On sait qu’il ne va pas bien. On espère qu’il va pouvoir obtenir un statut de réfugié en Italie mais on sait déjà que ce ne sera pas le cas. L’Italie est submergée et remet les personnes déboutées dans l’errance. L’Etat français ne peut pas continuer à ignorer que quand il renvoie des gens ils ne bénéficient d’aucun accueil alors qu’ici ils ont des amis, des soutiens. »

Anne, militante: « On les remet dans la clandestinité, dans l’errance ».

Ces demandeurs d’asile sont ce qu’on appelle des « dublinés », en référence au réglement de Dublin qui permet aux Etats de renvoyer les migrants vers le premier pays d’accueil sur le sol européen.

« Quand les gens entrent en Europe, explique Anne, on prend leurs empreintes dans un pays. Et vous allez retourner dans le pays où vous avez laissé vos empreintes. » En l’occurrence l’Italie pour Babiker et pour les autres. Cette procédure ne leur permet pas d’aller au bout de leur demande de droit d’asile.

  - Radio France
© Radio France –

Le collectif a déposé un recours devant le tribunal administratif pour contester l’assignation à résidence mais il a été rejeté au motif que l’assignation est moins coercitive que la rétention.

Jeudi 27 juillet au matin, Babiker expulsé !

Six jeunes soudanais, demandeurs d’asile hébergés au CAO sont contraints depuis une semaine de signer tous les jours au commissariat de police avec leur maigre baluchon. Ils risquent chaque jour d’être expulsés vers l’italie, porte d’entrée de l’Union Européenne où ils ont déposés, de gré ou de force, leurs empreintes digitales.

Mardi, l’un d’eux, Babiker, est retenu par la police, envoyé en Centre de Rétention Administrative (CRA) à Nîmes sans que quiconque soit prévenu.

Mercredi, la préfecture prévoit d’expulser Babiker par le vol de 14h55 Montpellier / Roissy. Les militant-e-s du CMB34 alertés sont à l’aéroport, la compagnie aérienne refuse d’embarquer notre ami qui est à nouveau emmené au CRA de Nîmes puis, en soirée au CRA du Mesnil-Amelot (à côté de Roissy). Ce jeudi matin Baniker est mis dans un avion pour Bologne. Il se retrouve dans un centre de réfugiés avec une centaine de personne sans information aucune, il est saisi de désespoir.

Le préfet a agi à toute vitesse pour expulser Babiker AVANT que le recours introduit par son avocate passe ce jeudi matin au tribunal de Nîmes (Juge des Libertés et de la Détention). Nos cinq autres amis soudanais vivent eux-aussi sous cette menace chaque jour. RIEN ne justifie cette précipitation, ces jeunes hommes ne mettent aucunement la France en danger !

Lire la suite

Babiker a été expulsé très discrètement hier soir, de l’aéroport de Montpellier vers Bologne en Italie, où il est arrivé ce matin…

Et c’est reparti… ! Désespoir pour lui. Trahison pour nous.

Babiker 26 ans né au Darfour Ouest : ah.., ce n’est pas de chance, ça fait 30 ans qu’au Darfour, des bandes armées alimentées par le régime en place tuent, torturent, violent, pillent, en toute impunité ; l’ONU impuissante ou presque ; une des pires dictatures de la planète. Lire la suite

La préfecture veut expulser Babiker : chronologie des faits

Mardi 25 juillet 2017

15H30 : Nos 6 amis soudanais quittent le CAO en direction du Commissariat, comme tous les jours depuis mercredi dernier, accompagnés par les membres du Collectif Migrants Bienvenue 34.

16h : Entrée des 6 personnes au Commissariat.

16h30 : 5 personnes ressortent, Babiker est retenu, nous dit-on, pour vérification administrative.

Lire la suite

Monsieur le Préfet, pourquoi priver ainsi Babiker de sa liberté ?

Depuis le mercredi 18 juillet 2017, 6 soudanais sont sous le coup d’une assignation à résidence au Centre d’Accueil et d’Orientation Marconi, ordonnée par la préfecture de l’Hérault. Alors qu’ils signent déjà chaque jour un cahier de présence au CAO, ils sont contraints de se rendre chaque jour ouvrable à 16 h au commissariat central, munis de l’ensemble de leurs effets personnels.

Face à cette nouvelle mesure humiliante, stressante et disproportionnée, le Collectif Migrants Bienvenue 34 les a soutenus avec leurs avocates dans une démarche de recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif en demandant l’annulation de cette décision d’assignation à résidence, au motif que le risque de fuite n’était pas caractérisé et que cette mesure restrictive de liberté n’était qu’une mesure déloyale visant à expulser la personne en catimini.

Lire la suite

Rassemblement devant la préfecture Lundi 24 juillet à 17h

Mais que fait la préfecture ?

À Montpellier, six Soudanais en procédure « Dublin » se sont vus remettre ce 18 juillet, à la Préfecture de l’Hérault, un arrêté d’assignation à résidence. Ces jeunes hommes hébergés au CAO – Centre d’accueil et d’orientation – de Montpellier devront désormais « pointer » tous les jours de la semaine à l’Hôtel de police « muni de leurs effets personnels ». Ces six demandeurs d’asile vont devoir, chaque jour ouvrable, marcher depuis le CAO jusqu’à l’Hotel de Police donc faire plus de 30mn de trajet, pour se présenter à 16h00 au 256 de la rue du Comte de Melgueil – avec leur baluchon, sous la chaleur !

Le collectif Migrants Bienvenue 34 est outré par ces méthodes dégradantes et inhumaines. Nous avons alerté à plusieurs reprises la préfecture sur les dangers et les dysfonctionnements du règlement Dublin en Italie et ailleurs, où peuvent être renvoyés du jour au lendemain ces six « dublinés » montpelliérains. Faire vivre, pour ces six personnes, la menace quotidienne d’être enfermées en Centre de rétention administrative pour ensuite être expulsées en Italie est totalement dépourvu d’humanité.

Nous savons très bien l’Italie débordée, qui a déjà forcé le retour au Soudan de réfugiés où les attend le dictateur El Béchir poursuivi par la Cour de Justice Internationale pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide ! Depuis neuf mois à Montpellier, dans l’attente de pouvoir déposer une demande d’asile, ces six Soudanais ont tout fait pour se reconstruire : ils ont appris le français, se sont fait des amis… Cette assignation vient ajouter un stress quotidien et une humiliation supplémentaire au traumatisme de leur parcours.

Le 5 juillet dernier nous étions reçu-e-s en audience avec une liste de 22 personnes sous le coup d’une procédure Dublin. Nous nous battons avec elles depuis des mois afin qu’elles puissent déposer une demande d’asile. Toutes ces personnes ont déjà subies d’énormes violences tout au long de leur exil, parmi elles, les six personnes soudanaises évoquées ci-dessus. Le préfet de l’Hérault a le pouvoir de mettre fin à cette situation inique.

Carole Delga, Présidente du Conseil Régional Occitanie, a affirmé à plusieurs reprises sur son compte Twitter que l’Occitanie ferait tout pour accueillir les migrants du mieux possible. Elle se déclarait « fière que des enfants et des hommes viennent trouver refuge en Région Occitanie ouverte et généreuse ! ».
Il y a quelques jours, Edouard Philippe, premier ministre, déclarait : « Nous ne sommes pas à la hauteur de ce que doit être la France ». En effet, la France est encore loin d’être à la hauteur…
Le collectif Migrants Bienvenue 34 appelle à un rassemblement devant la préfecture le lundi 24 juillet à 17h,au moment même où il a demandé une nouvelle audience, encore sans réponse.

Aucun être humain n’est illégal !

Arrêt des procédures « Dublin » !

Arrêt des expulsions !

Samedi 24 Juin 2017 Création de l’inter-collectifs ( Montpellier, Villeneuve-lès-Maguelone, Lasalle, Le Vigan, Valleraugue)

 

Les collectifs de solidarité avec les migrants, des Cévennes à la Méditerranée, réunis ce 24 juin 2017 à Montpellier, décident de faire front ensemble en créant une coordination régionale.

Face aux urgences rencontrées sur le terrain :

* essentiellement : la menace de renvoi systématique des migrants dans le 1er pays d’entrée en Europe (accords Dublin, espace Schengen),
* mais aussi : l’empêchement de dépôt de demande d’asile par tous les moyens (camps illégaux Alpes Maritimes, renvois immédiat à la frontière italienne, violences à Paris, à Calais…)

Nous affirmons :

* Qu’aucun être humain n’est illégal,
* Que les gouvernements doivent prendre leur responsabilité pour un
accueil digne de tout exilé, migrant, réfugié.
* Que nous nous opposons résolument à toute
mesure de répression


Accueillir, c’est un choix politique. Des milliards sont dépensés pour repousser, réprimer, refouler, bloquer les frontières au prix de milliers de morts chaque année. Nous revendiquons à l’opposé qu’ils soient mis au service d’un accueil digne.

samedi 24 juin/ La gazette

Manifestation pour les migrants dans les rues de Montpellier

Publié le samedi 24 juin 2017 à 15:30 – Paul BARRAUD

Manifestation pour les migrants dans les rues de Montpellier

Environ 150 personnes, réparties entre collectifs, ONG, syndicats et partis politiques ont quitté la place du Peyrou vers 14h45 pour se rendre devant la préfecture puis sur la place de la Comédie.

Cette manifestation fait écho à la journée mondiale des réfugiés qui s’est tenue mardi dernier.

Les collectifs présents veulent dénoncer le traitement selon eux de plus en plus inhumains que subissent les réfugiés en Europe. Ils exigent aussi que la France et les pays de l’Union Européenne « prennent leurs responsabilités pour ouvrir les frontières et accueillir dignement tous les réfugiés ».

Selon le collectif Migrants Bienvenus 34, une trentaine de migrants, répartis entre Montpellier et le Gard, sont directement concernés. Parmi eux, des personnes d’origine soudanaises et afghanes. Certaines, évacuées du camp de migrants de Grande-Synthe dans le Nord, font en ce moment l’objet d’une procédure d’expulsion du territoire.

Les manifestants ont demandé, sans succès, une audience avec le préfet. Un autre rassemblement est prévu le 5 juillet.

Dernières places dans le bus pour Menton samedi !

Dans le cadre de la journée internationale des Migrant-e-s, une manifestation nationale est organisée à la frontière italienne ce samedi 16 décembre (tract, texte d’appel et signataires en pièces jointes).
A l’appel des collectifs de sans-papiers, de la Roya Citoyenne et des collectifs de solidarité de plusieurs régions elle est soutenue par plus de 150 organisations nationales et locales.

Des cars ont été affrétés de plusieurs régions. Des co-voiturages s’organisent des Pyrénées jusqu’à Strasbourg.

Il reste quelques places dans notre bus unitaire montpelliérain, rejoignez-nous pour soutenir les migrant-e-s!

Des personnes migrantes seront présentes, soutenez financièrement le coût du trajet!

Départ 7h du parking des Arceaux – Retour vers 23h
Participation 30 euros – Le coût ne doit pas être un frein pour vous inscrire : réduction solidaire
Inscription par mail: bus.montpellier@gmail.com