Allemagne

LE MONDE | 01.06.2017 à 18h43 • Mis à jour le 01.06.2017 à 20h09

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/06/01/l-allemagne-suspend-les-expulsions-de-migrants-vers-l-afghanistan_5137347_3214.html

L’Allemagne suspend les expulsions de migrants vers l’Afghanistan

Depuis décembre, l’Allemagne a procédé à 106 expulsions de demandeurs d’asile vers le pays.

La chancelière Angela Merkel a annoncé, jeudi 1er juin, que son pays suspendait les expulsions de migrants vers l’Afghanistan, après l’attentat qui a fait au moins 90 morts mercredi à Kaboul dans le quartier ultra-sécurisé des ambassades.

Le ministère des affaires étrangères compte réévaluer la situation sécuritaire en Afghanistan en juillet et, en attendant, le pays procédera uniquement aux « retours volontaires » et « aux expulsions de personnes potentiellement dangereuses et de délinquants sur la base de cas examinés individuellement », a affirmé, face à la presse, Mme Merkel à Berlin.

Mercredi, après l’attentat, le gouvernement allemand avait déjà annulé un premier vol en avion charter. Dans un communiqué, le ministre de l’intérieur, Thomas de Maizière, a justifié la décision pour des « raisons d’organisation », l’ambassade allemande, qui « joue un rôle logistique important dans l’accueil des personnes expulsées » ayant été très endommagée par l’explosion. Sur le fond, a-t-il néanmoins précisé, les reconduites à la frontière « sont et restent justes », et seront poursuivies, « y compris en Afghanistan ».

La décision de suspendre certaines expulsions vers l’Afghanistan intervient au lendemain de l’arrestation mouvementée à Nuremberg d’un Afghan de 20 ans qui devait être expulsé vers son pays.

« Pays sûr »

Des heurts ont éclaté dans le centre d’apprentissage où il se trouvait. Ses camarades de classe ont organisé un sit-in spontané pour empêcher le véhicule de police de quitter les lieux. Très vite, les manifestants se sont retrouvés à 300, selon la police, qui a déclaré avoir fait usage de gaz lacrymogènes. Trois policiers ont été blessés et plusieurs protestataires ont été interpellés, selon la même source. L’agence de presse allemande DPA a affirmé que le jeune Afghan n’avait pas été expulsé pour le moment.

Lire aussi :   Après l’attentat de Kaboul, l’Allemagne se divise sur le renvoi de migrants afghans

Le gouvernement a conclu à l’automne 2016 un accord de reconduite à la frontière avec l’Afghanistan, qui autorise les rapatriements en groupe. Depuis décembre 2016, l’Allemagne a procédé à 106 expulsions de demandeurs d’asile vers l’Afghanistan. L’an dernier, 128 000 demandes d’asile ont été déposées par des Afghans outre-Rhin. Seul un Afghan sur deux reçoit actuellement un droit de séjour en Allemagne.

L’Allemagne est l’un des rares pays à qualifier l’Afghanistan de « pays sûr ». Cette position – qui n’est pas partagée par la France – fait depuis longtemps polémique outre-Rhin. Amnesty International Allemagne et Pro Asyl estiment que les renvois sont « humainement injustifiables » au vu de la détérioration de la situation dans ce pays en 2016 et des nombreuses victimes civiles, notamment des enfants.

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23/05/2017 Réfugiés expulsés d’Europe vers l’Afghanistan




Par Sonia Ghezali

Sans titre

Depuis décembre 2016, l’Allemagne multiplie les reconduites en Afghanistan des réfugiés afghans déboutés du droit d’asile. Les Afghans forment en Allemagne le deuxième groupe de demandeurs d’asile derrière les Syriens. Après la signature le 2 octobre 2016, d’un accord entre l’UE et l’Afghanistan pour renvoyer les réfugiés afghans chez eux, en échange d’une aide financière au développement économique et politique versée aux autorités à Kaboul, Berlin a affiché son intention de renvoyer 12 500 réfugiés afghans dans leur pays. Une décision politique controversée rejetée par cinq Länder sur 16. L’Union européenne affirme que des «zones sûres» existent en Afghanistan. Quelle vie attend ces déboutés du droit d’asile dans leur pays?
Reportage de Sonia Ghezali et de Nazir Afzali.

http://www.rfi.fr/emission/20170523-refugies-expulses-europe-afghanistan-allemagne-droit-asile




Allemagne : l’expulsion collective des réfugiés afghans fait polémique

@Elise Koutnouyan, Jonas Dunkel, Côme Peguet – Dernière màj le 29 mars 2017

http://info.arte.tv/fr/allemagne-lexpulsion-collective-des-refugies-afghans-fait-polemique

Mardi 28 mars, l’Allemagne a de nouveau expulsé vers leur pays des migrants afghans qui se sont vu refuser l’asile. C’est le quatrième vol de rapatriement au départ de l’Allemagne depuis le début du mois de décembre, conséquence de la nouvelle politique controversée du gouvernement fédéral. ARTE Info décrypte la situation des réfugiés afghans en Allemagne en trois points :

1. Le revirement du gouvernement allemand sur le cas des Afghans

C’est une déclaration qui a divisé l’Allemagne. Lundi, Thomas de Maizière, ministre des Affaires étrangères a affirmé à propos de l’Afghanistan que « la situation sécuritaire est complexe, mais il existe des zones sûres. » Ces quelques mots résument à eux seuls le débat qui faire rage outre-Rhin. Depuis plusieurs mois, l’Allemagne est déterminée à accélérer les renvois de réfugiés afghans, deuxième groupe de demandeurs d’asiles derrière les Syriens, vers leur pays d’origine. Pour cela, le gouvernement a décidé de classer certaines régions afghanes en « zones sûres » (voir carte ci-dessous), permettant de faciliter renvoi des réfugiés vers leur pays d’origine.

Une classification contestée de toute part, et mise à mal par les rapports sur la situation sur le terrain. En 2016, près de 11 500 civils afghans ont été tués ou blessés, soit le pire bilan enregistré par la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) depuis le début de ce début annuel en 2009. Début 2017, plusieurs attentats meurtriers ont ensanglanté le pays, notamment à Kaboul, pourtant classé en « zone sûre » par le gouvernement d’Angela Merkel.

 Depuis décembre 2016, l’Allemagne a déjà opéré trois opérations de reconduite sur le territoire afghan. Cette accélération des expulsions a été permise par la signature, le 2 octobre 2016, d’un accord entre l’UE et l’Afghanistan similaire à celui avec la Turquie. En clair, l’Afghanistan a autorisé le renvoi sur son sol de 80 000 réfugiés qui se sont vus refuser l’asile. En échange, les pays de l’UE se sont engagés à apporter une contribution financière au développement économique et politique du pays. Pour Berlin, l’accord tombe à pic. En octobre 2015 déjà, le gouvernement allemand avait plaidé auprès de l’UE pour qu’un tel texte soit signé avec l’Afghanistan.

 2. Des expulsions contestées de toutes parts

Depuis décembre 2016, l’Allemagne a déjà opéré trois opérations de reconduite sur le territoire afghan. Cette accélération des expulsions a été permise par la signature, le 2 octobre 2016, d’un accord entre l’UE et l’Afghanistan similaire à celui avec la Turquie. En clair, l’Afghanistan a autorisé le renvoi sur son sol de 80 000 réfugiés qui se sont vus refuser l’asile. En échange, les pays de l’UE se sont engagés à apporter une contribution financière au développement économique et politique du pays. Pour Berlin, l’accord tombe à pic. En octobre 2015 déjà, le gouvernement allemand avait plaidé auprès de l’UE pour qu’un tel texte soit signé avec l’Afghanistan.

2. Des expulsions contestées de toutes parts

Mais cette politique fédérale rencontre des résistances partout dans le pays. Cinq Länder sur 16, responsables de la mise en œuvre des expulsions, refusent de les pratiquer, arguant du danger persistant dans le pays.

Les protestations contre le pouvoir montent depuis plusieurs semaines de toutes parts. Mercredi soir, entre 300 et 400 personnes ont manifesté à l’aéroport de Munich pour s’opposer à ces expulsions. Les ONG de défense des droits de l’homme sont aussi vent debout contre ces mesures, dont un autre aspect fait polémique : le choix des réfugiés expulsés. L’ONG allemande Pro Asyl a démontré qu’une majorité était bien intégrée en Allemagne, où ils résidaient depuis plusieurs années.

Malgré tout, le gouvernement fédéral persiste. L’objectif des autorités serait de reconduire en Afghanistan environ 12 500 réfugiés. Ils n’étaient que neuf à avoir été renvoyés en 2015, une soixantaine en 2016.

3. Limitation de l’accueil des réfugiés

Signe du revirement des autorités allemandes dans sa politique d’accueil, le taux d’acceptation des demandes d’asile d’Afghans est passé de 77,6% en 2015 à 52,4% en 2016. Plus généralement, l’Allemagne cherche à limiter le nombre de réfugiés accueillis. Mercredi, le gouvernement a adopté un projet de loi controversé qui vise à faciliter l’expulsion des milliers de demandeurs d’asile déboutés.

L’Allemagne veut augmenter de quatre à dix jours la durée de maintien en détention de migrants déboutés et considérés par la police comme potentiellement dangereux, dans l’attente de leur renvoi. Les demandeurs d’asile qui mentiront sur leur identité ou enfreindront la loi, encourront des sanctions plus sévères, comme le port d’un bracelet électronique. Autre point très polémique: la possibilité pour les autorités d’accéder aux données contenues dans les téléphones portables des demandeurs d’asile en cas de doutes sur leur identité.

Dernière màj le 29 mars 2017

 

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