Soudan/Darfour

Une carte détaillée du Darfour occidental

AtlasWest Darfur Sept 2005-1

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UNE ÉMIGRATION NON CHOISIE

Histoires de demandeurs d’asile du Darfour (Soudan)
Marie-José Tubiana
IMMIGRATION, INTERCULTUREL TÉMOIGNAGE, AUTOBIOGRAPHIE, RÉCIT AFRIQUE SUBSAHARIENNE

Je n’ai rencontré que des survivants. Ceux qui ont vu leurs villages attaqués, leurs maisons brûlées. Ceux qui ont enterré leurs morts. Ceux qui ont pu s’échapper de prison. Ceux qui ont traversé le Sahara. Ceux qui ont travaillé clandestinement en Libye pour pouvoir payer leur traversée de la Méditerranée. Ceux qui ont touché terre après un périple épuisant. Ceux qui ne parlent pas la langue des pays où ils abordent. Qui sont ces hommes et parfois ces femmes qui demandent l’asile en France ?

Broché
ISBN : 978-2-343-10898-8 • janvier 2017 • 120 pages
EAN13 : 9782343108988
EAN PDF : 9782140026768

 

 

Grand reportage RFI Les voix du monde

(Pour écouter les reportages radio, cliquer en haut à droite pour télécharger le MP3)

10/01/2017 Les monts Nuba, dans la vallée des bombes

Par Anthony Fouchard

Dans une région oubliée, entre le Soudan et le Soudan du Sud, la guerre fait rage. En 2005, après 20 ans de guerre civile, un accord de paix est signé. Il aboutira en 2011 à l’indépendance du Soudan du Sud, devenant ainsi le plus jeune Etat du monde. Mais deux régions, dont les populations se sont battues aux côtés de l’armée populaire de libération du Soudan, restent oubliées des accords de paix : le Nil bleu et le Kordofan du Sud, où se trouvent les Monts Nuba. Depuis 2011, les rebelles ont donc repris les armes et combattent l’armée soudanaise. En représailles, le Soudan (Khartoum) bombarde, civils et combattants sans faire de distinction. Notre envoyé spécial, Anthony Fouchard a pu se rendre dans cette zone extrêmement difficile d’accès.

http://m.rfi.fr/emission/20170110-soudan-nuba-vallee-bombes-guerre-civile-nil-kordofan

France 24 – reportage en images – Soudan: dans les Monts Nuba, la guerre oubliée

reportage soudan

Dernière modification : 10/01/2017 Par Anthony FOUCHARD

Les monts Nuba, situés entre le Soudan et le Soudan du Sud, ne font pas partie des accords de paix signés entre les deux Soudan en 2005. Depuis six ans, des rebelles ont donc repris les armes pour réclamer l’autonomie de leur région. La zone étant riche en pétrole, Khartoum est bien décidée à la garder dans son giron. Résultat : son armée bombarde aveuglement combattants et civils. Notre envoyé spécial Anthony Fouchard a pu se rendre sur place.

Une émission préparée par Patrick Lovett et Elom Toble . Nos invités Jonathan PEDNEAULT Chercheur auprès de la division Afrique de Human Rights Watch pour le Soudan du Sudhttp://m.france24.com/fr/20170110-soudan-sud-conflit-monts-nuba-bombardement-civiles-ONG-crimes-guerre

Pour les monts Nuba, voir aussi ce lien MSF : http://www.msf.fr/pays/soudan

ils sont la bas, ils ont été bombardés 2 fois. il y a beaucoup d’articles en marge en lien avec ce sujet et de témoignages




 Soudan. Une dictature au service des politiques migratoires de l’UE

http://www.humanite.fr/soudan-une-dictature-au-service-des-politiques-migratoires-de-lue-629556

Émilien Urbach
Mardi, 3 Janvier, 2017
L’Humanité

En 2015, des réfugiés érythréens se reposent dans un camp provisoire à Kassala, dans l’est du Soudan. L’érythrée, petit État de la Corne de l’Afrique, qui est l’un des pays les plus fermés du monde, figure régulièrement au bas des listes mondiales pour les libertés politiques et médiatiques, la liberté d’expression et les droits de l’homme. Photo : AshrafF Shazly/AFP.

En 2015, des réfugiés érythréens se reposent dans un camp provisoire à Kassala, dans l’est du Soudan. L’érythrée, petit État de la Corne de l’Afrique, qui est l’un des pays les plus fermés du monde, figure régulièrement au bas des listes mondiales pour les libertés politiques et médiatiques, la liberté d’expression et les droits de l’homme. Photo : AshrafF Shazly/AFP.

Les États membres de l’Union multiplient les accords avec le Soudan pour stopper les départs d’exilés cherchant refuge en Europe. Des parlementaires de la Gauche unitaire européenne se sont rendus sur place pour observer les impacts réels de ces politiques. L’Humanité les a suivis.

«Dans les universités soudanaises sévit une milice qui se fait appeler “les gardes de l’université”. Ce sont des membres du Parti du congrès national, du président Omar Al Bachir. Ils sont armés et essaient de contrôler les étudiants opposants au régime. L’an dernier, ils ont tué quelqu’un. En 2014, un étudiant du Darfour avait déjà subi le même sort. Il y a quelques jours, un autre a été tabassé. Pas une semaine ne passe sans qu’il y ait une victime. » Dans un petit hôtel de la « downtown » de Khartoum, le centre-ville, Ahmad Ibrahim égraine les exemples des exactions de la dictature soudanaise. C’est un militant des droits de l’homme que viennent discrètement rencontrer quatre députés de la Gauche unitaire européenne (GUE) au cours d’une mission organisée quelques jours avant noël.

Dans la petite salle de l’hôtel, Ahmad dépeint le vrai visage du Soudan contemporain. Les méthodes de contrôle sur les médias, la fermeture des lieux d’étude et de culte non sunnites, la répression violente du mouvement social. Autant de raisons qui, en plus de la guerre civile en cours dans huit États sur les dix-huit que compte le pays, font du soudan un des principaux pays d’origine des exilés qui tentent de trouver refuge en Europe. C’est, en France, le deuxième groupe en nombre de demandeurs d’asile.

Selon l’Organisation mondiale pour les migrations, mille étrangers entrent au Soudan chaque mois

Le Soudan est aussi un pays de transit pour des milliers de personnes qui fuient la guerre, les persécutions et la pauvreté dans les pays de la corne de l’Afrique. Selon l’Organisation mondiale pour les migrations (OIM), mille étrangers entrent au Soudan chaque mois. Le pays compterait près de cinq cent mille réfugiés en provenance d’Érythrée, d’Éthiopie, de Somalie ou du Sud-Soudan. À ceux-là, viennent s’ajouter plus de trois millions de Soudanais déplacés de force à l’intérieur même du pays, dont deux millions six cent mille dans les régions ensanglantées du Darfour.

Il aura fallu la jouer fine pour ces quatre parlementaires, venus, accompagnés d’avocats et de chercheurs, se rendre compte sur place des impacts des politiques d’externalisation de la gestion des questions migratoires menées par les États de l’Union européenne (UE). Elles se caractérisent, ici, par la signature en 2014 des accords de Khartoum. Ces derniers, consolidés par le sommet de La Valette, en novembre 2015, impliquent que les pays africains d’origine et de transit empêchent les migrations massives vers l’Europe en échange de l’aide au développement.

Peu avant le départ, les députés de la GUE présentent un programme officiel aux autorités locales. Ils se partagent en parallèle le programme officieux à ne divulguer sous aucun prétexte. Il comprend des rencontres avec des opposants à Bachir, des Soudanais expulsés d’Europe au cours de leur exil et des réfugiés de pays limitrophes. Il faut faire aussi avec les rendez-vous imposés par le pouvoir et ne rien faire ou dire qui puisse mettre quelqu’un en danger. Le père Mussie Zerai, un prêtre érythréen qui vit entre la Suisse et l’Italie, l’un des premiers à donner l’alerte dans les cas de naufrages en Méditerranée, a dû renoncer à faire partie de l’expédition pour des raisons de sécurité.

Le langage de l’UE a été très bien assimilé par les autorités locales, en matière migratoire

Le premier contact de la délégation de parlementaires français, allemand, espagnol et portugais avec les autorités soudanaise se fait au Club de la police de Khartoum. Généraux et ministres chargés des questions intérieures les ont invités à une réunion suivie d’un repas. Force est de constater que le langage de l’UE a été très bien assimilé par les autorités locales, en matière migratoire. On vante les accords de Khartoum et les programmes bilatéraux passés avec certains États membres de L’UE, en termes de police. L’Italie, par exemple, a ratifié, en mai 2016, un contrat visant à l’encadrement de la formation des policiers soudanais par l’Italie. Et à l’aide à l’identification des exilés en situation irrégulière sur le sol européen par le Soudan.

Le Parlement soudanais a, par ailleurs, récemment voté une loi visant à encadrer la lutte contre la traite des humains et les mafias de passeurs. Les représentants présents ce jour-là autour de la table profitent du rendez-vous pour étaler leurs besoins en infrastructures, en équipements supplémentaires dédiés à l’identification et aux contrôles. « C’est insupportable, reprend le militant des droit de l’homme au deuxième étage du petit hôtel de Khartoum. Tout le monde sait ici que le gouvernement lui-même est impliqué dans les trafics. Les bandes criminelles Rachaïda et Khartoumaïda sont en lien direct avec des proches de Bachir et des services de renseignements. Les seuls qui se font arrêter sont les petits. » Deux d’entre eux ont d’ailleurs été condamnés à mort ces dernières semaines.

Dans les rues de Khartoum, l’équipe de députés circule grâce à un minibus prêté par l’hôtel où elle est descendue. Au matin du deuxième jour de la mission, le petit véhicule bleu se rend d’abord devant les locaux de la délégation de l’UE au Soudan. M. Joubert, directeur du programme Better Migration Management (BMM, meilleure gestion des migrations) pour l’UE, présente différents aspects de sa mission et notamment l’aide à la formation des agents de police chargés du contrôle des frontières et de la lutte contre les trafics. « Une de nos actions est de faire en sorte que les trafiquants ne soient pas dans les mêmes prisons que les victimes », explique sans sourciller le jeune fonctionnaire. « Mais les représentants du gouvernement nous ont juré qu’aucun exilé n’allait jamais en prison », le questionne la députée française du Front de gauche Marie-Christine Vergiat. « Nous ne pouvons garantir que toutes les personnes soient prises en charge dans le respect des droits de l’homme, admet alors le représentant de la délégation de l’UE. On essaye de faire évoluer les choses. » « Avez-vous des outils d’évaluation ? », questionne la parlementaire. « Nous en avons mis en place », balbutie son interlocuteur, bien embêté pour en expliquer le fonctionnement.

Le lendemain, dans le centre de ressources pour migrants géré par l’OIM, une des intervenantes informe les parlementaires que, dans le cadre de son programme d’aide aux exilés enfermés dans les geôles de Bachir, sa structure est intervenue auprès de six cent cinquante personnes. « Et nous n’avons rencontré qu’une infime partie de tous les migrants enfermés », précise-t-elle.

La camionnette bleue se dirige ensuite vers les locaux du Haut-Commissariat aux réfugiés (UNHCR). « Ils jouent avec le feu », commente sur le trajet Marie-Christine Vergiat à propos de la rencontre avec la délégation de l’Union européenne au Soudan. Sans aucune garantie sur le respect des droits de l’homme, la parlementaire craint que le pays puisse bénéficier de nouvelles infrastructures qui deviendront de véritable zones d’enfermement.

Certaines personnes vivent dans des camps depuis plusieurs dizaines d’années

Dans les locaux de l’UNHCR, deux responsables expliquent aux parlementaires comment les réfugiés venus des autres pays de la corne de l’Afrique sont traités au Soudan. « Les musulmans et les Arabes ont une totale liberté de mouvement et peuvent travailler, décrit l’un d’eux. Ils sont considérés comme des frères. Les autres sont parqués dans des camps gérés de façon indigne. » Certaines personnes vivent dans ces lieux d’infortune depuis plusieurs dizaines d’années. Les deux humanitaires insistent aussi sur les conditions dans lesquelles ils exercent leur action. La veille de la rencontre, trois des leurs venaient d’être libérés après avoir disparu pendant trois semaines à la suite d’un enlèvement.

Au sortir de la rencontre, il est 16 heures. On entend le muezzin chanter. On apprend que trois membres de la mission parlementaire viennent de se faire arrêter et subissent un interrogatoire des services de renseignements d’Omar Al Bachir, après un des rendez-vous officieux.

Deux heures après, ils sont libérés. Tout le monde se retrouve à l’hôtel. Des membres du Parti communiste soudanais viennent à la rencontre des parlementaire. « Les accords signés entre l’UE et le Soudan signifient un recul des Européens sur leurs valeurs humanistes, assène Saleh Husman, le responsables des relations internationales du parti. Au lieu de condamner les crimes de Bachir, le génocide en cours au Darfour, l’UE signe des accords sur le dos des victimes. » La complicité criminelle de l’UE avec la dictature soudanaise, dans le but de rendre hermétique la frontière avec la Libye, apparaît encore plus abjecte quand, au cours de la conversation, les députés de la GUE se voient confirmer qu’au nord du pays, c’est un ancien chef milicien janjawid qui dirige impunément les « forces rapides » utilisées par Bachir dans cette zone. Les moyens offerts par les États membres de l’UE au Soudan se retrouvent in fine entre les mains de bandits, auteurs de viols, de massacres par centaine et qui prospèrent, de plus, en exploitant la détresse des exilés.





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LA DIMENSION ETHNIQUE DE LA

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Université Lyon 2
Institut d’Etudes Politiques de Lyon
Dans le cadre du séminaire « Crises et relations internationales »
Mémoire de fin d’études
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